Majoration du déclin cognitif à 12 ans

Publié le 05/11/2012
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ON CONSIDÈRE traditionnellement que le diabète de type 2 est associé à un surrisque de déficit cognitif et de démence. Mais les données dont on dispose sur l’évolution cognitive des diabétiques ne sont pas démonstratives. C’est pourquoi les résultats du suivi de la cohorte prospective hollandaise, MAAS (Maastricht Aging Study), lancée dans les années 1995, étaient très attendus. Or « ils montrent sans équivoque que les sujets de plus de 40 ans présentant, à l’entrée dans la cohorte, un diabète de type 2, ont souffert d’un déclin cognitif accéléré par comparaison aux non diabétiques. Alors que, en revanche, on ne retrouve pas cette accélération chez ceux dont le diabète s’est déclaré au cours de ces douze ans de suivi, résume Peggy Spauwen. Ce qui suggère qu’on a peut-être une fenêtre de tir pour la prévention et le traitement précoce des déficits cognitifs associés au diabète de type 2. Et, partant de là, nous avons tout intérêt à évaluer au plus tôt le statut cognitif des diabétiques et à le suivre. »

Au sein de la cohorte MAAS, 1 300 sujets de plus de 40 ans ont été évalués sur le plan cognitif à l’inclusion, six ans après, puis au terme des 12 ans. Parmi eux, 68 avaient un diabète de type 2 à l’entrée (T0), 54 sont devenus diabétiques dans les 6 premières années et 57 autres sont devenus diabétiques entre la 6e et la 12e année. Pour l’analyse, l’impact du diabète sur l’évolution cognitive a été ajusté sur l’âge, le sexe, le tabagisme, l’alcoolisme, les comorbidités comme l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, l’IMC et la dépression.

En 12 ans, les diabétiques à l’entrée ont plus décliné cognitivement que les non diabétiques, en termes de traitement de l’information, de fonction exécutive, et de délai de re-mémorisation (redire un mot après un laps de temps). Il n’y a en revanche pas de différence pour la mémoire immédiate (redire un mot immédiatement). Et si l’on ne retrouve pas une telle accélération chez les "nouveaux" diabétiques, qui ont été poolés en un seul groupe de 111 patients, « on observe déjà chez ces "nouveaux" diabétiques une accélération du ralentissement du traitement de l’information. Ce qui prêche pour un effet temps d’exposition. En d’autres termes, l’accélération du déclin va croissant avec les années de diabète », commente P Spauwen.

P Spauwen et al. Effects of type 2 diabetes on 12 years cognitive change : results from the MAAS prospective cohort study. OP 03, Berlin 2 octobre 2012

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Source : Le Quotidien du Médecin: 9184