La dépression suivant le sevrage alcoolique augmente significativement le risque de rechute. D’après les études, près d’un patient déprimé sur deux, rechute dans les six mois du sevrage et près de 80% à un an.
Les premiers résultats de l’étude pilote PAD (Psilocybin in Alcohol Dependence) ont été présentés par la Pr Amandine Luquiens (CHU de Nîmes). Il s’agit d’un essai randomisé de psychothérapie augmentée par psychédéliques (ici la psilocybine) pour prévenir la rechute chez des patients présentant un trouble de l’usage de l’alcool et une dépression (âge moyen 40 ± 10 ans, 43% de femmes). Trente patients récemment sevrés (entre 2 et 8 semaines) souffrant de dépression sévère ont été inclus. Ils ont bénéficié de deux séances avec psilocybine à dose élevée (25mg) ou très faible (1mg, placebo actif), espacées de trois semaines, en complément de leur prise en charge habituelle.
Un intérêt croissant pour les psychédéliques
Les patients ayant reçu la dose élevée ont présenté des taux d’abstinence significativement plus élevés à 12 semaines (55% vs 11% dans le groupe placebo), une réduction plus importante des jours de consommation d’alcool, ainsi qu’une diminution des envies de consommer. Les symptômes dépressifs ont également été réduits dans les deux groupes. L’étude montre que ce protocole est faisable et bien toléré dans un cadre hospitalier.
« Ces résultats bien que préliminaires renforcent l’intérêt croissant de la communauté scientifique pour les psychédéliques encadrés dans le traitement des addictions. Ils ouvrent la voie à des recherches à plus grande échelle » a conclu la Pr Amandine Luquiens.
Le cannabidiol testé dans le sevrage
Un autre essai randomisé dont le recrutement est en cours a pour objectif de tester l’ajout de cannabidiol (jusqu’à 900 mg/j) au traitement habituel durant le sevrage hospitalier d’alcool afin de lutter contre les effets secondaires lié au syndrome de sevrage alcoolique et améliorer le maintien de l’abstinence. Il est prévu d’inclure 210 personnes (Pr Florence Vospan, AP-HP).
D’après la session « Traitements médicamenteux en addictologie : une lumière au bout du tunnel ? »
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