L’hérédité dans le diabète : un facteur de risque sous-estimé mais modulable

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Publié le 01/06/2026

Pour la 15e Semaine nationale de prévention du diabète (du 1er au 8 juin 2026), la Fédération française des diabétiques met en lumière un facteur de risque sous-estimé du diabète de type 2 : l’hérédité. Ce risque reste modulable grâce à des leviers simples : activité physique, alimentation, gestion du stress ou encore sommeil.

Crédit photo : BURGER/PHANIE

Pour la 15e Semaine nationale de prévention du diabète (du 1er au 8 juin 2026), la Fédération française des diabétiques (FFD) place l’hérédité au cœur de sa campagne, alors que 60 % des personnes vivant avec un diabète de type 2 (DT2) ignorent leur prédisposition familiale. « Dans cette famille, tout le monde se demande qui héritera de la maison de campagne. En revanche, personne ne se bat pour hériter du diabète », ironise le slogan de l’édition 2026. Le diabète de type 2 représente 92 % des cas de diabète en France.

L’on considère qu’une personne a un risque accru de 30 % de développer un diabète de type 2 si un parent (père ou mère) en est atteint et de plus de 50 % si deux membres de la famille proche (parents, frères, sœurs) sont concernés. À l’inverse, dans le diabète de type 1, la transmission génétique est plus faible : le risque pour un enfant dont un parent est atteint reste inférieur à 10 %.

Connaître le risque génétique pour cibler la prévention

Si la génétique « n’explique pas la hausse de la prévalence » du DT2, observée depuis plusieurs années (de 2,6 % en 2000 à 6,4 % en 2023), cette composante, trop souvent sous-estimée, pourrait permettre « un repérage précoce et une prévention ciblée », explique le Pr Samy Hadjadj, président de la Société francophone du diabète.

« On hérite d’une vulnérabilité, pas d’une maladie », ajoute la Dr Delphine Secret-Pouliquen, médecin généraliste et vice-présidente de la Fédération des Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). « C’est une maladie multifactorielle qui implique les gènes et l’environnement », poursuit-elle. Et d’insister sur l’importance du contexte familial : au-delà des gènes, c’est un ensemble de comportements (alimentation, sédentarité, rapport aux soins…) qui est transmis. Une prévention efficace réclame « d’emmener toute la famille » dans le changement de comportements et son accompagnement, considère la généraliste.

Plusieurs leviers peuvent moduler le risque : activité physique, nutrition, sevrage tabagique, sommeil et stress, liste la Dr Secret-Pouliquen. Sur les deux derniers points, une amélioration permet de réduire le risque « jusqu’à 50 % », précise-t-elle. L’objectif est de faire en sorte que « les gènes du diabète s’expriment le moins possible », résume-t-elle. Agir sur ces leviers passe par une approche pluriprofessionnelle, plaide la représentante des CPTS, mettant en avant la capacité de ce modèle à répondre à un tel enjeu.

Un outil pour évaluer son risque

Pour permettre à chacun d’évaluer son risque de développer un diabète, la FFD promeut le test Findrisc (pour Finnish diabetes risk score), un questionnaire de 8 items disponible en ligne. Ce « bon outil de sensibilisation » est également disponible en pharmacie, souligne Éric Myon, pharmacien et président de la CPTS Paris 8. La Semaine nationale de prévention du diabète sera aussi l’occasion de le promouvoir. La campagne proposera des vidéos pédagogiques, des événements, et une visioconférence nationale le 4 juin sur le thème « Diabète et histoire de famille : comprendre, prévenir et agir ensemble ».

En France, la prévalence du diabète est passée de 5,6 % en 2015 à 6,4 % en 2023. « Si la tendance se maintient, 520 000 nouveaux cas pourraient être recensés d’ici 2027, dont 500 000 de type 2 », alerte la FFD.


Source : lequotidiendumedecin.fr