Prédiabète : les mesures hygiéno-diététiques sont efficaces pour prévenir la multimorbidité

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Publié le 16/06/2026

Une équipe de recherche américaine a évalué l'influence du mode de vie ou de la metformine sur la multimorbidité à long terme chez les adultes présentant un prédiabète.

Comparées à un placebo, les mesures hygiéno-diététiques permettent de réduire la multimorbidité (co-existence de deux pathologies chroniques ou plus) chez des adultes présentant un prédiabète. En revanche, la metformine n’a pas révélé d’intérêt en préventif par rapport au placebo. Des résultats qui questionnent ceux d’une précédente étude publiée en 2022 dans Circulation sur la même cohorte ayant montré que la metformine et la perte de poids réduisaient le risque de diabète.

Le programme DPP (Diabetes Prevention Programme) a été lancé aux États-Unis entre 1996 et 2021 afin d’évaluer différents types d’intervention pour prévenir le diabète de type 2 dans la population américaine. Il a inclus 3 234 participants atteints de prédiabète, qui se sont vu proposer une des trois interventions : mesures intensives visant la perte de plus de 7 % du poids en 6 mois (MHD), 850 mg de metformine deux fois par jour (MET) ou un placebo. « Compte tenu du succès de la metformine et des interventions sur le mode de vie dans la prévention ou le retardement du diabète et du syndrome métabolique à court et à long terme, nous avons cherché à déterminer si ces interventions pouvaient prévenir ou retarder la multimorbidité en plus du diabète seul », expliquent les chercheurs qui publient leur étude dans le Jama.

« Les stratégies ciblant le mode de vie du programme DPP offrent une approche pratique et efficace pour réduire le fardeau de santé associé au vieillissement. Une perte de poids raisonnable grâce à la nutrition et à l’activité physique reste un pilier pour préserver la qualité de vie et promouvoir une longévité en bonne santé dans ces populations », ont commenté les Pr Hermes Florez, Caroline Foster et Gilberto Vizcaino dans un éditorial associé.

Efficace sur les accidents vasculaires cérébraux, les maladies rénales chroniques, l’insuffisance cardiaque…

L’analyse a inclus 1 173 participants (âge médian de 51 ans, 68 % de femmes, IMC moyen de 32,1 kg/m2 à l’inclusion) du DPP pour lesquels des données de santé du Medicare étaient disponibles. Les auteurs constatent, à l’issue du suivi, que 85 % d’entre eux ont développé deux comorbidités ou plus (cinq en médiane) dont 82 % du groupe MHD, 85 % du groupe MET et 87 % du groupe placebo. Après ajustement, ils ont observé que le risque multimorbide était plus bas dans le groupe MHD que dans le groupe placebo (HR = 0,79), mais qu’il n’existait pas de différence entre le groupe MET et placebo (HR = 0,91). Plus précisément, les interventions sur le mode de vie permettaient de réduire le fardeau multimorbide sur une médiane de 10,1 ans ainsi que le risque d’apparition d’une deuxième ou troisième pathologie chronique. L’effet était particulièrement marqué pour les associations de plusieurs maladies non transmissibles comme les accidents vasculaires cérébraux, les maladies rénales chroniques, l’insuffisance cardiaque ou encore l’asthme (HR = 0,57).

Les pathologies les plus prévalentes étaient l’hyperlipidémie, l’hypertension et le diabète. « Bien que les interventions sur le mode de vie aient prévenu ou retardé le diabète, 60 % du groupe MHD ont développé un diabète, selon les données Medicare, contre 69 % du groupe placebo », précisent les auteurs. Toutefois, en raison de la sécurité et du bénéfice coût/efficacité des modifications du mode de vie, « les maintenir chez les personnes à risque de diabète du Medicare pourrait aider à réduire le fardeau et les coûts de santé », concluent-ils.


Source : lequotidiendumedecin.fr