Les connaissances concernant l’immunité anti-covid-19 se précisent, et avec elles les recommandations de vaccination. Ainsi la HAS, suite à une audition de la Société de pathologie infectieuse de langue française (Splif), actualise-t-elle aujourd'hui ses préconisations concernant la vaccination d’un public particulier : les sujets avec antécédent de covid-19 documenté par un test RT-PCR, antigénique ou sérologique.
Alors qu’en décembre, la HAS recommandait d’attendre au moins 3 mois après l'apparition des symptômes (ou après la date de la sérologie, le cas échéant) pour vacciner des personnes déjà infectées par le SARS-CoV-2, l’instance confirme ce délai minimum tout en appelant à se rapprocher plutôt de 6 mois. « Ce qu’on sait maintenant, c’est que la durée de l’immunité excède en général 6 mois, et elle est probablement parfois un peu plus élevée », a expliqué la présidente de la commission technique des vaccinations de la HAS, le Pr Elisabeth Bouvet, lors d’une conférence de presse organisée cet après-midi.
Autre nouveauté : la HAS conseille désormais de n’administrer qu’une seule dose à ces patients présentant un antécédent d’infection par le SARS-CoV-2. « A ce stade des connaissances, la réponse immunitaire à la vaccination des personnes ayant déjà été infectées est de type anamnestique », explique l’instance. Autrement dit, « la première injection de vaccin est équivalente à une infection, et les personnes qui ont déjà contracté le covid-19 ont une mémoire immunitaire que la vaccination ne fait que renforcer, comme un rappel », détaille le Pr Bouvet. À noter que sont également concernés les sujets ayant été infectés plus de 6 mois avant la vaccination ou ayant contracté une forme asymptomatique - qui disposent également d’une mémoire immunitaire.
Par aileurs, ceux qui auraient déjà reçu deux doses ne risquent très probablement pas d’effets indésirables graves, « les données disponibles à [cette] date ne [montrant] pas de différence du profil de sécurité en dehors de la survenue d’effets de réactogénicité systémique potentiellement plus fréquente », précise la HAS.
Deux cas particuliers
Si toutes les personnes immunocompétentes sont a priori concernées par ces deux nouvelles règles – attendre jusqu’à 6 mois avant de vacciner et n'administrer qu’une dose – deux exceptions existent à celle de la dose unique.
La première concerne les sujets présentant une immunodépression avérée, et en particulier celles recevant un traitement immunosuppresseur continu. En raison d'une réponse immunitaire altérée, ces personnes « doivent, après un délai de 3 mois après le début de l’infection par le SARS-CoV-2, être vaccinées par le schéma à 2 doses », indique en effet la HAS dans son avis.
Autre exception, ou plutôt autre cas particulier : celui des individus contractant le covid après une première injection. Dans cette situation, une seconde dose reste en effet nécessaire, bien que celle-ci doive être administrée dans un délai de 3 à 6 mois après l’infection.
« Dans les situations d’infection prolongée, un avis spécialisé est nécessaire pour la vaccination », est-il en outre précisé dans l’avis, le « fait d’avoir des symptômes persistants [ne constituant] pas un obstacle à la vaccination » mais nécessitant d'évaluer au cas par cas la tolérance et l’intérêt de la mesure.
Toujours pas de sérologie pré-vaccinale requise
Autre précision : la réalisation d’une sérologie pré-vaccinale n’est pas requise.
« Le problème, c’est que la sérologie ne renseigne pas sur la protection mais sur le fait qu’on ait contracté ou non le covid-19 », insiste le Pr Bouvet. De plus, multiplier les sérologies avant la vaccination pour appliquer strictement la règle de la dose unique sur des personnes qui auraient contracté une forme asymptomatique sans le savoir ne semble à ses yeux « pas pertinent ». D’abord du fait de la grande variabilité observée entre les résultats rendus par les différents tests aujourd’hui disponibles, mais aussi car « il serait difficile de proposer à tout le monde » ce genre de tests, ou encore parce qu’une telle recommandation « augmenterait le délai pour être vacciné », estime Olivier Epaulard, coordinateur du groupe vaccination et prévention de la Splif. Au total, systématiser la sérologie pré-vaccinale « aurait été utile si vacciner des personnes déjà infectées avait été délétère, ce qui n’est pas le cas », souligne-t-il.
Quoi qu’il en soit, ces recommandations ne remettent pas en cause le principe de base de la stratégie de vaccination : vacciner d’abord les publics les plus vulnérables. Y compris parmi ceux qui ont déjà contracté le covid, « il apparaît raisonnable que soient vaccinées en priorité les personnes à risque de forme grave, telles que définies dans la stratégie de vaccination élaborée par l’HAS », insiste l'instance.
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