De notre correspondant
L A mesure décidée par le gouvernement fédéral est accompagnée de moyens d'évaluation : le patient indique son degré de souffrance sur une échelle de zéro à dix (dix étant la mesure d'une douleur atroce ou indicible). Les enfants utilisent des images pour exprimer ce qu'ils ressentent.
Les recommandations gouvernementales s'attaquent aux réticences des soignants, qui craignent l'accoutumance des patients aux produits opiacés ou morphiniques et à l'ignorance des patients qui pensent souvent que la douleur accompagne naturellement la maladie et qu'ils ne peuvent rien contre elle.
Les hôpitaux distribuent des brochures qui soulignent le droit des patients à un traitement capable d'atténuer ou de supprimer leur douleur. Il est même essentiel, lit-on sur des affiches collées sur les murs d'un certain nombre d'établissements, que le patient se plaigne de ne pas avoir reçu des soins antidouleur. Ces dispositions ont été adoptées à la fin de 1999 par la Joint Commission on Accreditation of Healthcare Organizations (JCAHO), mais un délai d'un an a été accordé aux établissements pour qu'ils mettent en place cette toute nouvelle routine.
« Personne n'a jamais promis aux patients qu'ils ne ressentiraient aucune souffrance en aucun cas, déclare au « Quotidien » le Dr Russell Portenoy, spécialiste de la douleur au Beth Israel Medical Center de New York. Mais le JCAHO veut être sûr que la douleur de chaque patient est évaluée et que des mesures sont prises pour la diminuer avec les moyens existants. »
Beaucoup d'établissements n'étaient pas encore prêts au 1er janvier et se dépêchaient de se mettre aux normes. « Cela ne va pas sefaire en un jour, explique le Dr Portenoy, et il va falloir que les patients coopèrent à cette vaste entreprise ; il leur appartiendra d'exiger des soins contre la douleur. Quant à nous, soignants, nous devons faire notre révolution culturelle. Nous ne pouvons plus nous abriter derrière l'éthique pour refuser de la morphine ou de la codéine aux cancéreux car il est démontré que l'apaisement de la douleur contribue au succès thérapeutique. De la même manière que nous prescrivons des antibiotiques contre les infections, nous avons l'obligation de prescrire des analgésiques contre la douleur ».
Le Dr Portenoy rappelle la dimension du problème : 40 % des cancéreux ne sont pas traités pour la douleur aux Etats-Unis. Dans les maisons de retraite, un malade du cancer sur quatre ne reçoit aucun médicament contre la souffrance. Et en dehors des hôpitaux ou des cliniques, quatre patients sur dix dont les affections vont du mal de dos à la polyarthrite rhumatoïde avec un degré de douleur variable, ne sont jamais soulagés par des médicaments appropriés.
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