Un vent de fraîcheur souffle sur l’univers feutré de la recherche. À 36 ans et deux thèses à son actif, Paul Frappé préside, pour la deuxième année consécutive, le Conseil scientifique du Congrès de la médecine générale. Un rôle majeur pour un si jeune âge. Mais en suivant le double engagement de ce généraliste – pour sa spécialité et en faveur de la recherche – on comprend mieux pourquoi il a été propulsé si tôt chef d’orchestre du principal rendez-vous de la discipline.
« Défendre la médecine générale, c’est génial ! »
Arrivé à Saint-Étienne pour y faire son 3e cycle, Paul Frappé rejoint l’association locale d’internes. « Un moteur de réflexion sur la médecine générale », explique-t-il : « quand on se retrouve à la défendre, c’est génial ». C’est d’ailleurs à cette époque que lui vient l’envie de faire de la recherche. « En médecine générale, il y a un côté difficile car on n’a pas de recherche structurée », regrette-il sans s’en émouvoir. « Du coup, c’est exaltant de se dire qu’il y a à gratter partout des questions intéressantes et personne pour recadrer ! ». Réfutant l’image de « patchwork » associée à médecine générale, il défend au contraire l’« existence propre » de la spécialité qui connaît « des questions spécifiques compte tenu des moyens dont elle dispose et du fait qu’elle constitue un premier lien entre un patient et l’univers médical ».
L’issue de l’internat de Paul Frappé coïncide avec la mise en place de la filière universitaire stéphanoise de médecine générale. Ça tombe bien. À 29 ans il se retrouve ainsi chef de clinique, partageant son temps entre exercice libéral, enseignement et recherche. Auteur d’un « Guide d’initiation à la recherche », la version éditée de sa propre thèse (en passe de connaître une seconde version), ses premiers cours portent justement sur la recherche… Et déjà, il encadre certains travaux en tant que directeur de thèse. Lui-même s’est lancé dans une thèse de sciences sur la thrombose à laquelle 117 généralistes ont participé. « Il est important d’avoir des données en soins primaires, nous devons travailler sur nos patients et apprendre à les connaître », explique-t-il, quelques jours après avoir soutenu son étude.
Désormais maître de conférence, il assure la responsabilité scientifique de l’étude CACAO sur les anticoagulants oraux. Et n’abandonne pas pour autant la maison de santé où il exerce depuis deux ans. « La recherche fait partie intégrante de ma pratique, assure-t-il. « Il y a un côté un peu dispersant, mais c’est très équilibrant ».
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