Essai de traitement précoce ou de chimioprophylaxie en ambulatoire, collecte de données sémiologiques spécifiques aux patients vus en ville, remontée des problématiques organisationnelles rencontrées en soins primaires, etc. : en marge des grandes études médiatiques menées à l’hôpital, la recherche sur le Covid-19 tend de plus en plus se tourner vers la ville et au moins une vingtaine de projets impliquent des médecins de famille, selon le Collège de la médecine générale. Le Généraliste s’est penché sur ces initiatives et vous propose de découvrir chaque jour l’une d’entre elles. Aujourd’hui focus sur l’étude Covidaxis.
Prévenir l’infection par le SARS-CoV-2 chez les soignants est l’une des préoccupations majeures au cours de cette épidémie. À cette fin, l’étude Covidaxis* va tester l’intérêt d’une stratégie de chimioprophylaxie par hydroxychloroquine (versus placebo) chez les soignants exposés (médecins, infirmiers et aide-soignants) exerçant à l’hôpital mais aussi en ville et en EPHAD. Mené sous l’égide du consortium REACTing (REsearch and ACTion targeting emerging infectious diseases), en partenariat avec le réseau Sentinelles et le Collège de la médecine générale, cet essai randomisé en double aveugle portera notamment sur des généralistes. Le coup d’envoi a été donné le 14 avril. Un second volet indépendant testera l'association lopinavir / ritonavir.
« Nous voulions dépasser le cercle hospitalier afin de refléter la réalité du terrain dans cette épidémie de Covid-19, explique le Pr Élisabeth Botelho-Nevers, (Hôpital Nord-CHU Saint Étienne), investigatrice coordinatrice de Covidaxis. Nous espérons recruter environ 600 soignants exposés, par leur prise en charge de cas certains ou suspects de Covid-19. Ils recevront une chimioprophylaxie sur deux mois ce qui devrait être suffisant pour conclure à l’efficacité ou non des stratégies. C’est un essai adaptatif : les cartes peuvent être rebattues en fonction des données de la littérature et nous pourrons ajouter des médicaments à tester en cours d’essai ».
Un maillage territorial pour aller vite
Un maillage territorial a été obtenu grâce à la participation de dix centres coordonnateurs, ce qui permettra d’aller vite dans la démonstration d’une éventuelle efficacité des stratégies prophylactiques. « L’idée est de multiplier les centres d’inclusion pour faciliter le recrutement des professionnels de ville mais également pour fluidifier les procédures pour un suivi dans de bonnes conditions (surveillances électrocardiographique et biologique rapprochées) ».
Si l’un et/ou l’autre des deux traitements s’avère efficace dans la prévention du Covid-19, « ce seront des éléments très encourageants pour le proposer à d’autres populations vulnérables, selon les profils de sécurité identifiés, ajoute le Pr Botelho-Nevers. Cependant, il ne sera pas forcément possible de faire un copier-coller de nos résultats en population générale, du fait des comorbidités et des comédications de certains individus qui constituent des contre-indications potentielles».
* Pour participer à l'étude, cliquer sur ce lien
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