La HAS appelle à une reprise « sans attendre » des vaccinations, en particulier pour les nourrissons et les populations fragiles

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Publié le 17/06/2020
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Crédit photo : Phanie

L'accès à la vaccination a été fortement perturbé au cours de la période de confinement. Pour rattraper le retard, la Haute Autorité de santé (HAS) « encourage les professionnels de santé à saisir toute occasion de contact avec leurs patients pour vérifier et mettre à jour leur vaccination ».

« Il faut maintenant, sans attendre, reprendre l’ensemble des vaccinations et rassurer la population : les consultations sont organisées dans le respect des mesures barrières afin de protéger les patients et les professionnels de santé et d’éviter la transmission du virus SARS-CoV-2 », souligne la HAS.

Une nette diminution de la délivrance de vaccins

L'étude de pharmaco-épidémiologie menée par le groupement d’intérêt scientifique EPI-PHARE constitué par l’ANSM et la CNAM a montré une forte diminution de la délivrance des vaccins remboursés en pharmacie au cours du confinement. Une baisse qui s'est poursuivie pour certains vaccins jusqu'à la première semaine de déconfinement.

« Cette étude évalue en particulier à 44 000 le nombre de nourrissons âgés de 3 à 18 mois qui n’ont pas reçu de vaccin contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, les méningites à Haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B », rapporte la HAS.

Et ce, alors que la HAS – suivie par l'Académie de médecine – préconisait dès le 1er avril de maintenir les vaccinations obligatoires chez les nourrissons en dépit des mesures de confinement. Elle estimait en revanche que les vaccins prévus pour les plus de 2 ans pouvaient être retardés sans risque.

La HAS incite également les professionnels de santé à être vigilants concernant les populations fragiles (personnes avec maladies chroniques, immunodéprimées, personnes âgées, femmes enceintes…) qui font l'objet de recommandations particulières définies par le calendrier vaccinal de 2020.

Un test RT-PCR en cas de suspicion de Covid-19

Elle appelle par ailleurs à reprendre toutes les vaccinations sans délai selon les modalités de rattrapage vaccinal précisées dans ses recommandations de décembre 2019, qui stipulent notamment que « l’allongement du délai entre deux injections ne nuit pas à la qualité de la réponse immunitaire » et qu'« il n’est pas nécessaire de reprendre dès le début un schéma vaccinal interrompu ».

Ces modalités sont à adapter en cas de suspicion de Covid-19 chez un patient. Dans le contexte actuel, un test de diagnostic par RT-PCR doit être prescrit à tout patient présentant des signes cliniques évocateurs d'un Covid-19. Si le test est négatif, le vaccin peut être effectué dans l'immédiat, sinon, il pourra être fait dès que le patient sera guéri (à partir du 8e jour après le début des symptômes et au moins 48 heures après disparition de la fièvre et d’une éventuelle gêne respiratoire). Les cas contacts devront observer une quatorzaine avant mise en place du rattrapage vaccinal

« En l’état actuel des connaissances, la HAS n’est pas en mesure de proposer des recommandations vaccinales pour les personnes atteintes d’une forme sévère de Covid-19 et qui présentent toujours des manifestations cliniques (en dehors d’une fatigue) ou biologiques de la maladie », note la HAS.


Source : lequotidiendumedecin.fr