« ÉLÈVES ATTENTIFS et sérieux mais qui peuvent encore mieux faire ». Tel pourrait être le bulletin des médecins de ville. L’assurance-maladie a confirmé les bons résultats de la maîtrise médicalisée en 2011.
L’an dernier, les médecins libéraux ont réalisé 612 millions d’euros d’économies. C’est 61 millions d’euros de mieux qu’espéré (tableau). Les praticiens enregistrent de bons résultats sur plusieurs classes de médicament (statines, IPP, anti-ostéoporotiques), sur les indemnités journalières et les transports, et ils ont presque atteint l’objectif fixé pour les prescriptions de kinésithérapie. En revanche, les objectifs ne sont pas remplis pour les antibiotiques et les antalgiques, la substitution de génériques dans le répertoire ou encore pour les dépenses liées aux affections de longue durée (ALD).
Ces résultats sont salués par le directeur de l’assurance-maladie. « C’est la première année que nous réalisons la totalité de nos objectifs, souligne Frédéric van Roekeghem au « Quotidien ». C’est une bonne année qui conforte la stratégie mise en œuvre avec le CAPI (contrat d’amélioration des pratiques individuelles) et le paiement sur objectifs de santé publique. Nous espérons la traduction de ces résultats dans les comptes de l’année 2011. »
Dividendes.
Chez les médecins, d’aucuns n’hésitent pas à parler d’une « cagnotte » constituée grâce aux efforts des praticiens libéraux. Une idée qui laisse de marbre le patron de la CNAM. « Je ne crois pas qu’en l’état de nos déficits, nous puissions parler de cagnotte, ironise-t-il. S’il y a un effet, c’est dans un moindre endettement. Cela étant, ces bons résultats vont nous aider à financer le coût relativement élevé de la convention médicale (spécialités cliniques, incitations financières à l’équipement du cabinet et paiement sur objectifs de santé publique). Ce sont des sommes importantes car plus de 400 millions d’euros ont été engagés pour les médecins sur les années 2012 et 2013. »
Les syndicats font valoir que la profession a joué le jeu. « Ces chiffres montrent qu’il faut prendre les médecins libéraux au sérieux car nous pouvons encore faire mieux », affirme le Dr Michel Chassang, président de la CSMF. Le syndicat demande un rééquilibrage de l’ONDAM en faveur des soins de ville. « Nous pouvons prendre en charge des patients hospitalisés qui coûtent très chers aujourd’hui dans le cadre d’alternatives à l’hospitalisation ou en favorisant le retour à domicile précoce de certains patients », explique le Dr Chassang.
Le Dr Claude Leicher, président de MG France, est plus réservé. « Je me félicite de ces résultats mais je ne sais pas si nous avons tous les éléments pour les comprendre », explique-t-il. Plusieurs facteurs peuvent expliquer les économies, selon le généraliste. Beaucoup de médicaments ont été génériqués. Par ailleurs, du fait de la crise, nombre de patients ont renoncé à des soins et l’activité médicale a baissé. « Les médecins généralistes ont fait beaucoup d’efforts mais ils n’en tirent aucun bénéfice en terme de revenus et on observe que l’activité se contracte », déplore Claude Leicher, qui redoute une baisse des revenus de la profession cette année.
Les médecins et la CNAM se retrouveront ce jeudi en commission paritaire nationale (CPN) pour définir les objectifs de maîtrise médicalisée pour...2012. La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) prévoit 550 millions d’euros d’économies à ce titre. Un nouveau défi ?
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