Faciliter au maximum l’accès aux produits de premier recours et, au-delà, développer un véritable parcours autour du pharmacien pour les maux du quotidien : c’est le message opiniâtre de l’association NèreS (laboratoires de santé grand public), forte de la montée en puissance des officines qui déploient désormais entretiens, tests rapides d’orientation diagnostique, vaccination ou téléconsultation. « Les nouvelles missions du pharmacien sont désormais un pivot de l’évolution du système de santé », résume le délégué général de NèreS, Luc Besançon, qui veut encore accélérer.
Cette association qui regroupe 24 laboratoires produisant et vendant des produits de santé sans ordonnance (automédication, compléments alimentaires, dispositifs médicaux grand public) met ouvertement en avant le « parcours de soins officinal » (PSO), en s’appuyant sur les nouveaux résultats très prometteurs du baromètre 2025 dévoilé fin janvier (sur un panel de 14 761 officines). « Aujourd’hui, le recours aux missions officinales par les patients est extrêmement large, c’est une évidence », insiste Nicolas Grélaud, directeur des opérations d’OpenHealth Company qui a réalisé le baromètre.
Libérer du temps médical
« Nous ne sommes pas dans la substitution au médecin mais bien dans l’optique de libérer du temps médical et de désengorger les urgences », recadre le président de NèreS Vincent Guiraud-Chaumeil (laboratoire Pierre-Fabre) pour qui « il est urgent de considérer le premier recours comme un levier stratégique de transformation du système de santé ».
Et de mettre en avant par exemple la montée en puissance de la téléconsultation déployée dans plus de 7 200 pharmacies. Fin décembre 2025, selon NèreS, 52 % des pharmacies ont réalisé des consultations à distance dans les déserts médicaux, à raison de 240 actes par officine en moyenne (+9 %).
Au-delà, les pharmacies développent des services de santé concrets, qui s’intègrent de plus en plus au quotidien des Français, qu’il s’agisse des tests rapides d’orientation diagnostique (Trod) pour l’angine et la cystite, des entretiens dédiés ou de la vaccination. Selon le baromètre, les Trod se sont largement imposés : 90 % des pharmacies en ont réalisé pour l’angine et 88,6 % pour la cystite. La vaccination est proposée dans plus de 99 % des pharmacies françaises, avec 21,3 millions d’injections réalisées, principalement contre la grippe.

Délistage de nouveaux produits en 2026
Dans ce contexte porteur, NèreS propose de renforcer et d’élargir ce parcours de soins officinal, en permettant aux pharmaciens de prendre en charge « davantage de pathologies bénignes » mais aussi en simplifiant le parcours du patient.
L’association souhaite à cet effet rendre accessible de nouveaux médicaments sans ordonnance pour les maux du quotidien, grâce à une politique ciblée de délistage des produits, tout en maintenant leur remboursement lorsqu’ils sont prescrits par un médecin.
NerèS travaille sur ce sujet avec l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et deux syndicats de pharmaciens (FSPF et USPO) pour faire en sorte de rendre disponibles « quelques dizaines de molécules » sans ordonnance. « Notre objectif n’est pas d’imposer un choix mais de l’ajouter à la possibilité du patient d’aller voir son médecin avec une prise en charge classique, une prescription médicale et un remboursement », complète le président, soulignant que plus de 80 % des Français seraient favorables à ce délistage.
La santé sexuelle est un autre enjeu de santé publique où le parcours de soins officinal pourrait faire ses preuves. Sur le volet IST, le baromètre pointe « une fragilisation du recours à la contraception régulière », versus une forte progression de la contraception d’urgence. Face à ce constat, NerèS propose aux pouvoirs publics de renforcer le volet « santé sexuelle » des bilans de prévention réalisés en pharmacie entre 18 et 25 ans.
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