Tandis que le congrès national des infectiologues ouvrira ses portes demain à Nancy et fera de l’antibiorésistance une de ses thématiques phares, le Collège des généralistes enseignants s’y invite en publiant un communiqué à propos des recommandations publiées par la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF) en 2014 sur les infections urinaires.
Le CNGE salue a place primordiale laissée à la clinique dans ces recos, « les examens complémentaires n’ayant d’utilité que lorsqu’ils permettent d’orienter la stratégie utile pour le patient ». Et souligne quatre aspects des recommandations qui méritent toute l’attention du médecin traitant :
- l’inutilité du contrôle par examen cytobactériologique des urines/bandelette urinaire (ECBU/BU) en cas de guérison clinique,
- la suprématie des données de l’interrogatoire sur la BU en cas de contradiction au cours d’une cystite aiguë simple,
- les changements de paradigme concernant les infections urinaires masculines : toute infection urinaire n'est pas obligatoirement une prostatite, la BU a une forte valeur prédictive chez l’homme,
- l’indication restreinte de l’échographie au cours d’une pyélonéphrite (PNA).
Côté remarques, le Collège propose à la SPILF d’aller plus loin dans ses indications de recours aux fluoroquinolones. Dans la mesure où le risque d’évolution d’une cystite vers une PNA est très rare, « il serait plus cohérent de ne plus proposer les fluoroquinolones dans le traitement probabiliste des cystites », et de les reléguer en troisième intention dans le cas des cystites simples et en seconde intention dans celui des cystites à risque de complications.
Il est également reproché à ces recos le choix des critères de Fried (score combinant la perte de poids involontaire, la vitesse de marche, la faible endurance, la faiblesse/fatigue et les activités physiques réduites) pour définir la fragilité chez la personne âgée. Des critères jugés « difficilement utilisables en pratique quotidienne » là où « l’expérience clinique semble suffisante ».
Le Collège reproche aussi à la recommandation, en différant le traitement jusqu’à la réception du résultat de l’ECBU et de l’antibiogramme pour les cystites des patients à risque de complications, de négliger la gêne occasionnée aux patients par cet état pathologique. « Elle pourrait évoluer en proposant un traitement probabiliste dans l’attente des résultats de l’ECBU. »
Enfin, éternel problème des recommandations de société savante, elles sont basées sur des données issues d’études majoritairement réalisées en milieu hospitalier « soulignant un déficit de travaux en ambulatoire dans un domaine où l’épidémiologie et les pratiques changent rapidement. Or ces données ambulatoires sont essentielles en raison du problème majeur posé par la surprescription d’antibiotiques dans cette indication ». Les généralistes enseignants en appellent donc à davantage de collaboration interdisciplinaire.
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