Une étude observationnelle prospective multicentrique tout juste publiée dans Allergy propose un modèle fondé sur sept facteurs pour prédire les crises d’asthme infantile : historique des crises d’asthme, trois bactéries salivaires (Capnocytophaga, Corynebacterium, Cardiobacterium), et trois marqueurs sériques de l’inflammation, TIMP, VGEF et MIP-3β (1).
Une étude observationnelle prospective menée sur deux cohortes
L’étude a été menée en deux phases, utilisant deux cohortes distinctes. La première, dite exploratoire, a utilisé la cohorte SysPharmPedia. L’analyse d’une seconde cohorte, la cohorte pédiatrique U-Biopred a ensuite permis de vérifier la validité du modèle.
Dans ces deux cohortes, seuls les enfants âgés de 6 à 17 ans et ayant un diagnostic confirmé d’asthme pédiatrique ont été inclus dans l’analyse. Ces enfants ont 11 à 13 ans d’âge médian.
À noter, ces deux cohortes rassemblent des asthmes pédiatriques moyens ou modérés à sévères. Et, dans la première cohorte, les enfants étaient systématiquement traités, en accord avec les recommandations du Global initiative for asthma, au niveau 3 ou plus de traitement médicamenteux.
Analyse du microbiome salivaire et oropharyngé et des marqueurs inflammatoires plasmatiques
Au total, 143 échantillons de salive et 125 prélèvements oropharyngés ont été prélevés respectivement dans les première et seconde cohorte. Les auteurs sont partis des résultats de 121 enfants de la première cohorte et de 33 enfants de la seconde cohorte. À noter que 35 enfants étaient à risque de crise dans la première cohorte, vs 27 enfants dans la seconde.
Des modèles prédictifs de crise d’asthme ont été développés et testés :
- un modèle utilisant l’historique des crises d’asthme ;
- un modèle utilisant la composition bactérienne de la salive (six bactéries) ;
- un modèle utilisant des marqueurs inflammatoires plasmatiques (six marqueurs) ;
- et pour finir le modèle à sept paramètres : historique des crises d’asthme, Capnocytophaga, Corynebacterium, Cardiobacterium salivaires et TIMP, VGEF et MIP-3β sériques.
Ce dernier modèle s’est trouvé être celui associé à la meilleure précision, avec un Auroc à 0,86 [0,77-0,95] dans la première cohorte et un AUROC à 0,88 [0,75-1,00] dans la seconde cohorte de réplication. Un autre modèle basé sur cinq paramètres (historique des crises d’asthme, Capnocytophaga, Corynebacterium, Cardiobacterium et VGF) donnait un AUROC de 0,84 [0,67-1,00].
Perspectives cliniques
« Cette étude est de taille relativement limitée. En outre, on n’a pas de données sur les médicaments en accès libre possiblement utilisés, sur leur consommation éventuelle de probiotiques ni sur leur santé bucco-dentaire, remarquent les auteurs. Néanmoins, les cliniciens pourraient s’attacher à explorer l’utilisation de probiotiques, prébiotiques, symbiotiques et des traitements antibiotiques, à même de maintenir ou restaurer un microbiome oral sain et un équilibre immunitaire à même de réduire les crises d’asthme. Ce travail venant souligner, s’il en était besoin, la nécessité d’explorer plus avant les interactions entre microbiote oral et le système immunitaire. »
(1) SS Khamas et al. Allergy. 2025 Aug 18
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