Des Danois ont mis en évidence dans une cohorte nationale un surrisque de mortalité précoce de 37 % chez des individus avec gynécomastie par rapport à la population témoin. En 2023, à partir de cette même cohorte, les auteurs avaient publié une étude sur la morbidité plus élevée au sein de cette population dans le Journal of Clinical Endocrinolgy and Metabolism. Les récents résultats sont présentés dans le BMJ Open.
La gynécomastie est définie par une masse de tissu glandulaire (et non graisseux) plus importante que la normale, à ne pas confondre avec la pseudo-gynécomastie liée au surpoids. Les auteurs ont distingué les individus aux gynécomasties idiopathiques et ceux avec un facteur de risque de gynécomastie pré-existant. Pour rappel, ces dernières peuvent être attribuées à des pathologies (cancers, pathologies circulatoires, pulmonaires ou gastro-intestinales) ou des traitements (par exemple la spironolactone, un diurétique hypo-androgénique), quand elle n’est pas liée au développement physiologique (nouveau-né, puberté et andropause).
Surrisque de mortalité toutes causes de 37 %
L’étude de 2023 avait retrouvé une morbidité plus élevée essentiellement chez les individus ayant une gynécomastie idiopathique, du fait du risque de pathologies sous-jacentes, notamment endocrinologiques, ce nouveau travail a mis en évidence un surrisque de mortalité significativement plus marqué dans les gynécomasties non idiopathiques.
La cohorte danoise comptait 23 429 individus, dont la gynécomastie avait été diagnostiquée entre 1995 et 2001, appariés en âge et date de diagnostic avec des individus mâles sans gynécomastie (1:5, n = 117 145). Ils ont ainsi retrouvé un surrisque de mortalité toutes causes de 37 % (HR = 1,37) dans le groupe gynécomastie, et plus précisément pour les individus à risque pré-existant (HR = 1,75) [surrisque de 75 %] par rapport aux individus avec une gynécomastie idiopathique (surrisque de 5 %). Parmi les causes les plus fréquentes, sont retrouvées les pathologies néoplasiques malignes (HR = 1,24), circulatoires (HR = 1,24), pulmonaires (HR = 1,56) et gastro-intestinales (HR = 1,56).
Ces résultats confirment la vigilance qui peut être donnée aux individus porteurs d’une gynécomastie, d’origine idiopathique ou connue, afin de suivre les facteurs de risque (morbidité et mortalité) existants.
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