Les anticorps monoclonaux, déjà disponibles en France, ont apporté la preuve de leur efficacité contre le Covid. Mais les antiviraux, fortement attendus en ville, ne sont toujours pas accessibles.
La bithérapie Ronapreve (casirivimab et imdevimab, Roche et Regeneron) est disponible en France en accès précoce. Elle est indiquée dans les cinq jours suivant l'apparition des symptômes chez des patients Covid non hospitalisés (≥ 12 ans) et à risque élevé de forme grave ainsi que chez des patients hospitalisés nécessitant une oxygénothérapie non invasive et n’ayant pas développé naturellement d’anticorps. En prophylaxie pré-exposition, Ronapreve peut être administré une fois par mois chez les patients (≥ 12 ans) qui ne répondent pas bien à la vaccination et à très haut risque de forme sévère. Pour cette même population, la bithérapie peut être utilisée en post-exposition.
Mi-novembre, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a donné son feu vert à la mise sur le marché de cet anticorps, déjà disponible en accès précoce en France, ainsi qu'au Regkirona (regdanvimab, Celltrion). Ce dernier s'est aussi révélé efficace pour réduire les hospitalisations chez les patients à risque de forme sévère, mais qui ne nécessitent pas de supplémentation en oxygène.
Plus récemment, la Haute Autorité de santé (HAS) s'est dite favorable à l'autorisation d'accès précoce d'Evusheld (tixagévimab et cilgavimab, AstraZeneca) en prophylaxie pré-exposition pour les patients (≥ 18 ans) à très haut risque de forme sévère, qui sont mal ou pas protégés par la vaccination et ceux qui n'y sont pas éligibles ; sa durée de protection est d'au moins six mois après l'administration d'une dose unique. Le sotrovimab (GSK) est en cours d'évaluation par la HAS.
Mais alors que le Conseil scientifique Covid-19 s’était réjoui en octobre de l’arrivée possible de deux antiviraux oraux - le molnupiravir (Lagevrio, Merck et Ridgeback Biotherapeutics) et l'association PF-07321332/ritonavir (Paxlovid, Pfizer) -, aucun n'est aujourd'hui accessible en France.
La HAS a indiqué, le 10 décembre, ne pas autoriser l'accès précoce de Lagevrio en traitement curatif des formes légères et modérées de Covid chez des personnes à risque d'évolution vers une forme sévère, en raison de moins bons résultats d'efficacité par rapport au Ronapreve. L'EMA, qui avait fin novembre incité les pays de l'Union européenne à recourir au molnupiravir sans attendre son autorisation, doit se prononcer prochainement. Quant au Paxlovid, il est également en cours d'évaluation auprès de l’EMA.
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