Désormais présent dans 63 pays, le variant Omicron du Sars-CoV-2 semble bien se propager plus que Delta, provoquer des symptômes moins sévères et réduire l’efficacité des vaccins disponibles, a indiqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le 12 décembre, confirmant les différentes déclarations des derniers jours.
Ce 13 décembre à l'antenne de RTL, Martin Hirsch, directeur de l'AP-HP, qui annonçait le pic de la cinquième vague en France entre Noël et le Jour de l'An, disait déjà craindre l'impact d'une sixième vague liée à Omicron sur un système de santé épuisé.
Si Delta reste dominant dans le monde, Omicron parvient à se diffuser dans deux contextes différents : en Afrique du Sud, où Delta était moins prévalent, mais aussi au Royaume-Uni, où le variant apparu en Inde domine actuellement. Cette diffusion peut être liée au fait qu’Omicron « échappe à l'immunité, profite d'une transmissibilité plus élevée inhérente ou à une combinaison des deux », souligne l’OMS, estimant « probable qu'Omicron surpasse Delta dans les lieux où il y a de la transmission communautaire ».
Au Royaume-Uni, les autorités sanitaires ont relevé le niveau d’alerte Covid, en raison d’une progression « rapide » des cas du variant Omicron, le nombre total de cas détectés atteignant 3 137 ce dimanche, soit une augmentation de 65 % par rapport à la veille. À ce rythme de progression, l'Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) estime qu’Omicron sera la souche dominante dans le pays (plus de 50 % de toutes les infections) d'ici à quelques jours.
Un taux d'attaque secondaire doublé par rapport à Delta
Dans une note technique, l’Agence britannique propose une évaluation préliminaire du taux d’attaque secondaire d’Omicron par rapport à Delta, donnant un aperçu de sa « croissance globale », et non de sa transmissibilité, est-il précisé, les données n’étant pas ajustées sur le statut vaccinal ou une infection antérieure. Ainsi, le taux d’attaque secondaire à l’intérieur d’un foyer est estimé à 21,6 % pour Omicron, contre 10,7 % pour Delta.
Sur la gravité de l’infection liée à Omicron, l’OMS souligne le manque de données disponibles, mais rappelle les symptômes « légers à modérés » rapportés jusqu'à présent en Afrique du Sud et en Europe. Selon le point du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) la semaine dernière, tous les cas documentés en Europe sont « soit sans symptôme, soit légers ».
L’UKHSA estime que plusieurs semaines seront nécessaires pour obtenir des informations « plus claires ». L'Agence indique néanmoins que les hospitalisations liées à Omicron « ont déjà lieu » et « devraient augmenter rapidement », alors que le Royaume-Uni a enregistré ce 13 décembre son premier décès lié au nouveau variant, sans donner, pour l'instant, plus d'indications sur le profil ou le statut vaccinal du patient.
Les autorités britanniques craignent l’impact d’Omicron sur un système de soins déjà très sollicité et appellent à une généralisation rapide de la dose de rappel. « Avec un variant se propageant avec une transmissibilité accrue et une efficacité vaccinale réduite, nous sommes susceptibles de voir cette pression (sur les hôpitaux, NDLR) augmenter bientôt », est-il souligné dans un communiqué.
Concernant l’efficacité des vaccins, les premières données indiquent une baisse d’efficacité face aux formes symptomatiques du Covid-19. Les laboratoires Pfizer et BioNTech ont fait savoir la semaine dernière que Comirnaty était « toujours efficace » après trois doses face à Omicron.
Selon les résultats d’études préliminaires examinées par l'UKHSA (trois études internationales et deux britanniques), le vaccin de Pfizer/BioNTech (deux doses) présente une activité neutralisante réduite de 20 à 40 fois face à Omicron par rapport aux premières souches en circulation. Par rapport à Delta, la perte d’activité serait réduite d’au « moins 10 fois », les données uniquement britanniques indiquant « plus de 20 fois ».
Une baisse de protection plus marquée avec AstraZeneca
Pour le vaccin d’AstraZeneca, la baisse serait plus importante : « l'activité neutralisante a diminué au-dessous de la limite de quantification dans le dosage », relève la note technique, soulignant qu’une dose de rappel avec un vaccin à ARNm est bénéfique. « Une efficacité vaccinale modérée à élevée de 70 à 75 % est observée au début de la période après une dose de rappel », lit-on.
L'efficacité des vaccins contre les formes graves et les décès n'est en revanche pas encore connue, mais « on s'attend à ce qu'elle soit significativement plus élevée que la protection contre les maladies symptomatiques », est-il précisé, alors que des données à ce sujet ne seront pas disponibles avant plusieurs semaines.
Par ailleurs, dans « Emerging Microbes & Infections », une équipe chinoise suggère qu’Omicron peut conduire à une « évasion significative » de la protection immunitaire provoquée par une infection, voire par les vaccins disponibles. Les chercheurs ont confronté in vitro 28 échantillons de sérum de patients convalescents infectés par la souche originale à un Omicron pseudo-typé et à d’autres variants préoccupants (Alpha, Bêta, Gamma, Delta) ou d'intérêt (Lambda, Mu).
Selon leurs résultats, la neutralisation face à Omicron a été réduite d’« environ 8,4 fois par rapport à la souche de référence (D614G) », contre 1,2 à 4,5 fois pour les autres variants analysés. Le niveau de protection contre Omicron reste « supérieur à la ligne de base, ce qui indique qu'un effet de protection peut encore être observé », souligne dans un communiqué l'auteur principal, Youchun Wang, des Instituts chinois de contrôle des aliments et des médicaments.
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