DE NOTRE CORRESPONDANTE
LE BINGE DRINKING est en hausse chez les adolescents, mais il est aussi fréquent chez les adultes : 70 % des épisodes de binge drinking aux États-Unis concernent des adultes de plus de 26 ans.
La pratique régulière du binge drinking (même une fois par mois) est associée à des conséquences à long terme sur la santé, notamment un risque accru de développer le syndrome métabolique et le diabète type 2. On ignore toutefois si cette association épidémiologique est causale (si le binge drinking induit une résistance à l’insuline) ou si elle est secondaire à un apport calorique plus élevé du, par exemple, à une altération des voies centrales de la récompense. Un nouvel éclairage intéressant est apporté par Lindtner et coll. dans Science Translational Medicine.
Dans cette étude dirigée par Christoph Buettner (Icahn School of Medicine, Mount Sinai, NY), des rats ont été exposés à une dose importante d’alcool (3 g/kg) pendant 3 jours, administrée par voie intrapéritonéale ou par gavage oral, ce qui représente un modèle accepté pour simuler le binge drinking chez l’homme. Ces rats ont été comparés à des rats témoins.
On constate que les rats alcoolisés développent une insulinorésistance systémique (reflétée par une intolérance au glucose) qui persiste plus de 2 jours (jusqu’a 54 heures) après la dernière dose d’alcool.
Cette insulinorésistance résulte principalement d’une baisse de l’action de l’insuline dans le foie (capacité réduite à freiner la production hépatique de glucose) et dans le tissu adipeux (capacité réduite a freiner la lipolyse dans le tissu adipeux), tandis que l’utilisation périphérique du glucose n’est pas altérée.
Or, la sensibilité du récepteur a l’insuline n’est pas trouvée altérée dans le foie.
Les chercheurs montrent que l’exposition au binge drinking chez le rat induit une insulinorésistance dans l’organisme, non pas en perturbant le signal du récepteur a l’insuline en périphérie (par exemple dans le foie), mais en atténuant le signal du récepteur a l’insuline dans le cerveau, précisément dans l’hypothalamus.
En effet, tandis que l’infusion d’insuline dans l’hypothalamus des rats freine normalement la production hépatique de glucose et la lipolyse du tissu adipeux, via le système nerveux autonome, cet effet n’est pas observé après l’exposition au binge drinking.
Comment l’alcool affecte-t-il l’hypothalamus ?
Les chercheurs ont découvert que le binge drinking chez les rats déclenche une inflammation dans l’hypothalamus mais aussi une augmentation de l’expression de la PTP1B (protein tyrosine phosphatase 1B), un régulateur négatif du signal du récepteur à l’insuline.
De façon importante, l’infusion intra-cérébroventriculaire d’un inhibiteur de la PTP1B restaure la tolérance au glucose apres le binge drinking, ce qui indique la contribution cruciale de la PTP1B.
Il reste à savoir comment l’alcool augmente l’expression de la PTP1B dans l’hypothalamus.
"Ces résultats montrent que, chez les rats, le binge drinking induit une résistance à l’insuline en altérant son action hypothalamique et cet effet peut être prévenu par l’inhibition de la PTP1B cérébrale, concluent les chercheurs. Si ces résultats s’appliquent à l’homme, le binge drinking n’est pas uniquement un facteur de risque épidémiologique mais une cause directe de résistance à l’insuline qui prépare le terrain pour le syndrome métabolique et le diabète de type 2".
Science Translational Medicine, 30 janvier 2013, Lindtner et coll.
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