« IL FAUT VRAIMENT que les généralistes prennent conscience du fait que, chez l’enfant, un diabète de type 1 peut être une vraie urgence », explique Carine Choleau, chargée des missions scientifiques au sein de l’association l’Aide aux Jeunes Diabétiques (AJD), qui lance une campagne de sensibilisation en direction des généralistes.
En 2010, 2 700 nouveaux cas de diabète de type 1 ont été diagnostiqués entre 0 et 19 ans. « En 2009, nous avons mis en place un Observatoire qui nous a permis de collecter des informations très pertinentes, notamment sur le retard au diagnostic. En 2010, nous avons ainsi analysé 1 500 nouveaux cas de diabète chez des enfants et des adolescents. On a constaté que, dans 45 % des cas, les enfants étaient arrivés au diagnostic avec une acidocétose. Et dans 15 % des cas, il s’agissait d’une acidocétose sévère. Chaque année plusieurs enfants décèdent du fait d’un retard au diagnostic, ce qui est inadmissible », souligne Carine Choleau.
Bandelette au cabinet.
Après avoir conduit une campagne en 2010 auprès des pédiatres, l’association souhaite donc maintenant cibler les généralistes en leur rappelant qu’une acidocétose élevée peut évoluer rapidement vers un coma voire un décès, surtout chez le très jeune enfant. « Les généralistes restent encore très focalisés sur le diabète de type 2 et oublient que le diabète de type 1, chez l’enfant et l’adolescent, est une urgence », souligne Carine Choleau qui insiste sur les symptômes de l’hyperglycémie : énurésie nocturne chez un enfant habituellement « propre », polyurie, polydipsie. « Le message est simple. Face à ces symptômes, il faut que le généraliste fasse une glycémie ou une mesure du glucose dans les urines par bandelette urinaire au cabinet, et envoie directement l’enfant aux urgences en cas d’hyperglycémie » souligne Carine Choleau. Les signes de fatigue, perte de poids, douleurs abdominales sont les symptômes de cétose et d’acidocétose, qui sont déjà des signes tardifs, pouvant conduire très rapidement au coma.
Les endocrinologues ont un rôle non négligeable de sensibilisation. « Ces derniers font souvent des formations à leurs collègues généralistes. Et c’est important qu’ils soient au courant de notre campagne et qu’ils informent de l’urgence à prendre en charge le diabète de type 1 chez l’enfant et l’adolescent ».
Entretien avec Carine Choleau, chargée des missions scientifiques au sein de l’association l’Aide aux Jeunes Diabétiques (AJD).
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