PAR LE Dr MARC DE KERDANET*
LES HYPOGLYCÉMIES sont habituelles dans un diabète de type 1 (DT1) bien pris en charge. Quel que soit le mode de délivrance de l’insuline : il n’est pas actuellement possible d’obtenir un équilibre glycémique correct sans risquer de façon habituelle des hypoglycémies qui doivent donc être considérées comme « acceptables », à condition toutefois qu’elles ne soient pas :
– trop fréquentes, au risque de gêner la vie quotidienne, de perturber durablement les activités intellectuelles (scolarité) et d’augmenter la possibilité de survenue d’épisodes plus sévères ;
– trop sévères, au-delà de leur désagrément, elles peuvent être dangereuses en fonction des circonstances et leur répétition pourrait être délétère sur le développement cérébral chez le petit enfant ; elles sont donc « non acceptables ».
Par ailleurs, la crainte de l’hypoglycémie est un frein majeur à la mise en œuvre de l’attitude la plus adaptée pour obtenir un bon équilibre au regard des risques de l’hyperglycémie chronique. Il est donc plus que souhaitable que les soignants quels qu’ils soient ne dramatisent pas ces situations, dans la mesure où cela peut contribuer à une élévation du risque futur de complications du diabète à l’âge adulte.
Hypoglycémies légères ou modérées.
Définies par une glycémie inférieure à 0,6 g/l (0,70 pour certains) avec ou sans signes cliniques, elles sont de trois types :
– hypoglycémies symptomatiques, par l’effet de la stimulation autonome (faim, tremblements des mains ou des jambes, palpitations, anxiété, pâleur, sueurs) ou par celui de la neuroglucopénie (altération de la pensée, changement d’humeur, irritabilité, vertiges, maux de tête, fatigue, confusion et, plus tard, convulsions et coma) ;
– hypoglycémies asymptomatiques, l’absence de symptômes à une glycémie inférieure au seuil de 0,60 est le plus souvent liée à la grande fréquence des hypoglycémies ou à la période nocturne où le seuil de réaction est abaissé. Chez l’enfant, des signes modérés peuvent ne pas être perçus comme en rapport avec une hypoglycémie ou volontairement négligés pour continuer une activité plus intéressante ;
– hypoglycémies relatives, les symptômes surviennent alors que la glycémie est supérieure au seuil de définition. Cela peut survenir lors d’une chute rapide de la glycémie ou lorsque l’équilibre habituel est chroniquement en hyperglycémie.
Leur survenue impose d’arrêter l’activité, de vérifier si besoin la glycémie sans perdre de temps, de prendre un à deux sucres pour 20 kg, trois en tout pour les grands (5 à 15 g) et d’attendre 10-15 minutes l’amélioration des symptômes. Il faut ensuite resucrer autant que nécessaire en cas de non-réponse. Enfin, prendre une collation ou le repas.
Hypoglycémie sévère.
La définition est clinique (avec une glycémie basse). Le patient est semi-conscient ou inconscient ou dans un coma avec éventuellement des convulsions. Le resucrage par voie orale est impossible ou risqué.
Tout épisode aigu neurologique chez un patient ayant un diabète est une hypoglycémie jusqu’à preuve du contraire.
La conduite à tenir est d’injecter une ampoule de glucagon par voie intramusculaire ou deux ampoules de glucosé à 30 % par voie intraveineuse (demi-dose avant 12 ans). Après reprise de conscience : sucre par voie orale, collation. L’hospitalisation n’est pas forcément nécessaire, mais elle est préférable en cas de répétition ou de vomissements, pour permettre une surveillance rapprochée et une perfusion de sérum glucosé à 10 % (1 à 3 ml/kg/h).
Dans tous les cas, il faut noter l’intensité, l’horaire et la cause si elle est repérée et tenter de prévenir la récidive (baisser la dose d’insuline si ni le sport ni l’alimentation sont en cause)
* CHU de Rennes, secrétaire général de l’AJD (Aide aux jeunes diabétiques)
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