Dans les pays développés, le diabète gestationnel (DG) concerne 1,4 % à 6,3 % de l’ensemble des grossesses selon les critères utilisés pour le diagnostic (avant ceux de l’IADPSG). En Afrique, il reste trop souvent méconnu, faute d’un dépistage systématique et/ou ciblé. Il y a à peine une dizaine d’années, très peu d’équipes africaines s’occupaient du DG, sa prise en charge étant presque considéré comme un luxe. La priorité était donnée à la cétoacidose, au pied diabétique et aux autres complications aiguës ou chroniques à l’origine d’une mortalité importante. En quelques années, plusieurs enquêtes sur la fréquence du diabète gestationnel ont été lancées en Afrique.
Pour une détection systématique.
L’expérience algérienne a rapporté aux congrès deux enquêtes sur la fréquence du DG. La première (2), menée à Oran (où la fréquence du DG au début des années 2000 était de 5,2 % – critères OMS), a évalué le niveau de risque de DG dans une population de 1 680 gestantes soumises à une épreuve d’hyperglycémie provoquée orale (HGPO), entre 24 et 28 semaines, suivant les nouveaux critères de l’IADPSG. UN DG était retrouvé chez 330 femmes, soit une prévalence estimée à 19,6 %. Parmi elles, 52 (15,8 %) ne présentaient aucun facteur de risque : âge moyen 28,3 ans, IMC moyen 23,6 kg/m². Les 278 autres (84,2 %) présentaient au moins un facteur de risque : âge› 35 ans (n = 128, 46%), IMC› 25 (208, 74 %), antécédents de DG (139, 50 %), antécédents de macrosomie (70, 25 %), antécédents familiaux de diabète(35, 12 %).
Le pronostic materno-fœtal du groupe sans facteur de risque comparé à celui avec ne différait que par la macrosomie : 4,3 vs 15,6 %, p ‹ 0,05. Les différences de prééclampsie et de prématurité étaient non significatives. Cette étude montre la forte prévalence du DG, dans une population sans facteurs de risque, qui incite au dépistage systématique ou à un ajustement des facteurs de risque en abaissant l’âge à partir duquel le dépistage devrait être réalisé.
Morbidité maternelle.
L’autre travail présenté au congrès s’est intéressé à la morbidité maternelle dans le DG (3). Sur 432 femmes enceintes suivies à Constantine durant leur grossesse, 6,7 %, soit 27 femmes, ont présenté un DG. Parmi elles, 37 % ont présenté une infection, surtout urinaire, vs. 3 % des femmes enceintes non diabétiques. Une HTA gravidique a été notée chez 3,7 vs 0,2 % (p ‹ 0,02), un hydramnios chez 18,5 vs 0,5 % (p ‹ 0,0001). La césarienne a été pratiquée chez 40,7 % des parturientes. Dans le post-partum, 18 % ont présenté une anomalie de la tolérance au glucose.
Certains résultats, concordants avec ceux de plusieurs auteurs européens, témoignent de la disparité des niveaux de prise en charge du DG d’un pays à l’autre en Afrique.
CCAM technique : des trous dans la raquette des revalorisations
Dr Patrick Gasser (Avenir Spé) : « Mon but n’est pas de m’opposer à mes collègues médecins généralistes »
Congrès de la SNFMI 2024 : la médecine interne à la loupe
La nouvelle convention médicale publiée au Journal officiel, le G à 30 euros le 22 décembre 2024