DANS LE CADRE de la Première journée de prévention du risque métabolique, le Pr Jacques Bringer présente aujourd’hui les résultats de l’enquête sur les maladies chroniques qu’il a proposée récemment sur le site lequotidiendumedecin.fr. Enseignement principal : seules de nouvelles recommandations, avec un encadrement officiel bien sécurisé, autoriseraient le médecin de ville à s’engager dans la mise en œuvre d’une personnalisation des soins.
« Une nouvelle approche exemplaire des maladies chroniques entre recommandations et dérogation » : pour lancer la réflexion et la discussion sur ce thème, le Pr Bringer souhaitait connaître le vécu des médecins de terrain. Voilà qui est fait :
- les recommandations sont bien acceptées : 80 % des médecins interrogés les utilisent régulièrement ;
- mais, en pratique quotidienne, elles leur semblent mal adaptées à la réalité clinique ;
- le généraliste est conscient du risque de l’addition de plusieurs recommandations ; toutefois, la sécurité d’un encadrement officiel passe avant toute velléité de dérogation ;
- en cas de polypathologies, le risque iatrogène est redouté ;
- si le traitement n’agit pas rapidement, le médecin traitant préfère déléguer au spécialiste la responsabilité d’une montée en puissance thérapeutique et porter ses efforts sur la prévention de complications ;
- en ce qui concerne la mauvaise observance chez les diabétiques, elle n’a pas de raison bien définie mais l’industrie agro-alimentaire est montrée du doigt ainsi que l’organisation des soins (inadaptation de l’éducation thérapeutique et du suivi à long terme) ;
- dans le cadre de l’évaluation clinique, les éléments objectifs (bilans médicamenteux, recherche de comorbidités, antécédents familiaux) l’emportent sur les considérations personnelles ;
- 63 % jugent insuffisantes les recommandations dans le diabète de type 2 et 7 % les trouvent inadaptées ;
- en ce qui concerne les perspectives pour la médecine cardiométabolique prédictive et personnalisée, les médecins sont conscients de la nécessité d’une prise en charge socio-éducative mais comptent sur les progrès de la génétique pour privilégier une approche plus médicale.
Conclusions.
« Seules de nouvelles recommandations avec un encadrement officiel bien sécurisé, autoriserait le médecin de ville à s’engager dans la mise en œuvre d’une personnalisation des soins. Pour bâtir ces nouvelles recommandations dans le cadre des maladies cardiométaboliques, trois points principaux seront mis en évidence, explique le Pr Bringer :
- nécessité de mieux connaître la prévalence et les combinaisons des comorbidités ;
- établir des recommandations en fonction de ce bilan ;
- adapter les éducations thérapeutiques et la formation médicale continue ;
- imaginer un suivi individuel et collectif à long terme du patient. »
(1) Journée organisée dans le cadre de la première semaine nationale de prévention du diabète par l’Association pour la prévention du risque cardiométabolique, sous le Haut patronage de l’Académie nationale de médecine.
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