COMMENT ralentir l’évolution de l’insuffisance cardiaque chez les patients encore peu symptomatiques ? La resynchronisation cardiaque pourrait être une des réponses à l’avenir, selon l’étude du Dr Arthur Moss de l’Université de Rochester. La voie des défibrillateurs implantables, encore réservée il y a quelques années aux seuls troubles du rythme, est développée depuis quelques années dans l’insuffisance cardiaque. L’étude MADIT-CRT vient de montrer que le CRT-D, de Boston Scientific, un dispositif de resynchronisation cardiaque avec défibrillation, permet chez les patients asymptomatiques présentant une insuffisance cardiaque modérée (NYHA classe I ou II) de prévenir l’aggravation de la maladie. Cette technique de stimulation biventriculaire entraînerait une réduction relative de 34 % du risque de décès toute cause ou de premier événement lié à l’insuffisance cardiaque, par rapport aux défibrillateurs implantables classiques (p= 0,001). Le CRT-D vise à coordonner le rythme des contractions cardiaques désynchronisé au cours de la pathologie en délivrant des impulsions électriques simultanées dans les deux cavités ventriculaires. Il permet également de détecter et contrôler des bradycardies ou des tachycardies.
Ralentir l’évolution de l’insuffisance cardiaque.
Dans les recommandations de l’American Heart Association de 2008, la resynchronisation cardiaque avec ou sans défibrillation est indiquée chez les patients à haut risque (fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG) ≤35 %, QRS ≥120 ms) et ayant une insuffisance cardiaque majeure (classe III ou IV de la NYHA). Le dispositif a en effet démontré son efficacité à réduire les symptômes, les taux d’hospitalisations et la mortalité dans cette population.
Pour ce qui est de l’étude MADIT-CRT, elle a évalué le CRT-D en prévention chez des patients à haut risque peu ou asymptomatiques (classe I ou II de la NYHA). Plus de 1 800 patients dans 110 centres de 14 pays ont été inclus et randomisés en deux groupes : 1 089 dans le groupe CRT-D et 731 dans le groupe défibrillateur classique. Au cours d’un suivi de 2.4 ans, près de 187 événements sont apparus dans le premier groupe (17,2 %) et 185 dans le second (25,3 %). Le risque d’événements liés à l’insuffisance cardiaque était diminué de 41 %. En revanche, il n’est pas apparu de différence significative entre les deux dispositifs pour la mortalité toute cause (3 % dans chacun des groupes).
The New England Journal of Medicine, édition en ligne du 1er septembre 2009.
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