Vaccination anti-Covid : des « vaccidrives » pour accélérer la campagne ?

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Publié le 30/03/2021
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Crédit photo : BURGER/PHANIE

« En voiture, Simone ! » Il sera bientôt possible en France de se faire vacciner contre le Covid-19 sans sortir de son véhicule. Après les vaccinodromes, les premiers projets de « vaccidrives » sont en cours pour étendre la vaccination à un public toujours plus large. Déjà à l’œuvre aux États-Unis ou encore en Italie, cette pratique devrait arriver dans les prochains jours dans l’Hexagone, aux alentours de Montpellier.

C’est la clinique Saint-Jean, à l’ouest de Montpellier (Hérault) qui se propose pour expérimenter les « vaccidrives ». Cette dernière attend les autorisations de l’Agence régionale de santé et de la préfecture pour ouvrir le premier lieu de la sorte en France, sur le parking de ses urgences. Sa position géographique stratégique — entre les autoroutes A9 et A709 — à Saint-Jean-de-Védas, pourrait attirer un public différent de celui des grands centres de vaccination, comme des ruraux et des jeunes mobiles. L’ouverture est prévue pour début avril.

Une injection à travers la fenêtre du véhicule

L’objectif est clair pour le groupe Cap Santé : doubler, voire tripler le chiffre de 700 injections par semaine déjà réalisé dans la clinique. Pas de bouleversement dans la pratique : un médecin, deux infirmières et une secrétaire, comme dans les centres de vaccination, seront mobilisés. Les réservations se feront par la plateforme Doctolib.

Le vaccin sera injecté par la fenêtre du véhicule et le patient restera dans sa voiture lors de la consultation prévaccinale et le temps d’observation d’une quinzaine de minutes après l’injection ; le tout permettant confort et sécurité. « Tous les vaccins mis à disposition par l’ARS » seront administrés, informe Laurent Ramon, le directeur général du groupe Cap Santé. Avec l’arrivée courant avril du vaccin unidose Janssen, des laboratoires Johnson & Johnson, cette possibilité vaccinale pourrait s’imposer dans les villes françaises.

Une idée proposée au président

Mardi dernier, c’est le maire de Valenciennes, Laurent Degallaix, qui a défendu auprès du chef de l’État le concept de « vaccidrive ». Lui prône l’utilisation d’un QR code pour accéder au parking et des courts films projetés sur grand écran pour faire patienter les patients.

Ce n’est pas la première fois que cette possibilité de « drive » est évoquée : les dépistages Covid se sont déjà faits depuis un véhicule après la première vague de l’épidémie du printemps dernier.

Aux autorités locales de décider

Le ministère de la Santé a indiqué au Généraliste ce mardi 30 mars que les vaccidrives ne dépendront pas de sa responsabilité. « La liberté sera donnée au territoire, s’ils estiment que les vaccidrives sont plus pratiques que les centres. Il n’y aura donc pas de recommandation générale. » Quant aux vaccins administrés, ce seront « ceux adossés aux centres de vaccination, donc le Pfizer. »

L’objectif de Ségur est le suivant : 10 millions de primo vaccinés à la mi-avril. Et 210 000 doses par jour d’ici au 15 avril, avant d’accélérer et d’espérer en injecter 400 000 par jour à la fin du mois. Les vaccidrives pourraient accélérer la campagne… pour toutes les personnes équipées d’un véhicule, soit 39 millions de Français.


Source : lequotidiendumedecin.fr