Alors que la deuxième vague de l’épidémie s’annonce brutale sur tous les fronts, le gouvernement veut essayer de ne pas rééditer les erreurs de mars dernier, notamment sur la mobilisation de la médecine de ville.
Dans une lettre adressée hier aux médecins libéraux, Olivier Véran souligne que la crise sanitaire est certainement « la plus importante qu’ait connue la France et le monde, depuis près d’un siècle ». « Vous, médecins libéraux, êtes en première ligne pour prendre en charge vos patients (…) nos concitoyens savent pouvoir compter sur votre mobilisation sans faille dans ces semaines à venir qui vont être extrêmement difficiles », ajoute-t-il.
Pour aider la médecine de ville à affronter cette deuxième vague, le ministre rappelle la prolongation d’un certain nombre de dérogations prises au printemps. C’est le cas notamment de la prise en charge à 100% par l’Assurance maladie de la télémédecine et le rétablissement du remboursement des téléconsultations par téléphone pour certains patients. Les dérogations pour faciliter l’intervention des médecins libéraux en Ehpad ont également été reconduites, parmi lesquelles l’application de la majoration d’urgence pour les visites.
Olivier Véran indique également que dès la semaine prochaine, les médecins de ville pourront réaliser des tests antigéniques en se les procurant en pharmacie. Le ministre de la Santé a également confié aux ARS, « en lien étroit avec les caisses d’assurance maladie » et à l’écoute des demandes des professionnels de terrain, le soin de redéployer les organisations territoriales adaptées et nécessaires, à l’image des centres Covid mis en place lors de la première vague.
« Les semaines qui viennent seront décisives. Je sais pouvoir compter sur vous. Vous pouvez en retour compter sur ma totale mobilisation à vos côtés », conclut-il dans son courrier.
Ne pas rééditer les erreurs de communication
De leurs côtés, les professionnels sont déjà mobilisés mais demandent au ministère de les aider encore davantage pour prendre en charge au mieux les patients. Le syndicat des médecins libéraux (SML) demande notamment au gouvernement que les ressources humaines disponibles en médecine de ville, internes et étudiants en stage, remplaçants, assistants etc. ne soient pas réquisitionnées vers les hôpitaux comme au printemps. Il réclame aussi une meilleure communication pour éviter la désertion des cabinets. Le gouvernement doit ainsi « multiplier les messages en direction des patients pour les inciter à poursuivre leurs prises en charge, en particulier ceux en ALD et les chroniques, à continuer à se faire diagnostiquer et, lorsque c’est possible, à maintenir leurs interventions chirurgicales ».
Le syndicat MG France fait de son côté plusieurs requêtes du côté de la prescription, pour faciliter la prise en charge à domicile des patients Covid quand c’est possible. Cela passe, selon lui, par l’autorisation pour les généralistes de prescrire de l’oxygénothérapie à haut débit à domicile, des bronchodilatateurs en nébulisations et des produits sédatifs type midazolam. « Selon les réponses sur ces points précis nous verrons si les pouvoirs publics sont réellement demandeurs de l'engagement des médecins généralistes traitants pour faire face à cette terrible épidémie », souligne le syndicat dans son communiqué.
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