Covid-19

Impact du passe sanitaire : 4 000 décès évités et 30 % d'hospitalisations en moins

Par
Publié le 18/01/2022
Article réservé aux abonnés

Le Conseil d'analyse économique (CAE) publie, ce mardi 18 janvier, une étude mesurant l'impact du passe sanitaire sur le taux de vaccination, la santé et l'économie du pays. Selon les chercheurs, entre juillet et décembre 2021, le passe sanitaire aurait permis d'éviter 4 000 décès liés au Covid-19 et réduit de 45 % le nombre d'hospitalisations en soins intensifs.

Crédit photo : BURGER/PHANIE

Le très contesté passe sanitaire a-t-il eu un impact positif sur la santé des Français et sur l'augmentation du taux de vaccination dans le pays ? C'est ce que suggère une étude publiée ce mardi 18 janvier par le Conseil d'analyse économique (CAE), organisme rattaché à Matignon.

L'étude, menée par une dizaine de chercheurs indépendants, établit une comparaison entre la France, l'Italie et l'Allemagne sur l'impact du passe sur la situation sanitaire et économique du pays.

« Cette étude se concentre sur ces trois pays car l’instauration du passe sanitaire y a été introduite pratiquement en même temps (entre juillet et août 2021) et avec des caractéristiques assez semblables (le passe permet l’entrée dans les lieux publics, restaurants, bars…) », est-il précisé.

+13 % de vaccination en France grâce au passe…

Selon l'étude, sans l'instauration du passe sanitaire, le taux de vaccination (au moins une dose) en France aurait été d'environ 65 % contre 78 % en décembre 2021, soit un écart de 13 points.

De l'autre côté du Rhin, en Allemagne, l'impact du passe sanitaire sur le taux de vaccination semble avoir été un peu moins important. L'écart de 6 points demeure toutefois significatif avec un taux de vaccination estimé à environ 67 % sans passe sanitaire contre 73 % avec, à la fin de l'année 2021. 

Sur la même période, chez nos voisins italiens, le taux de vaccination se serait élevé à 70 % sans l'instauration du passe sanitaire contre 80 % finalement, soit environ 10 points de pourcentage de plus.

Pour expliquer ces différences, les auteurs de l'étude avancent l'idée, qu'en Allemagne notamment, « la communication autour du passe sanitaire a été moins claire, les restrictions d’activités sans passe moins fortes et la mise en place moins centralisée. »

« Cela suggère que les modalités de mise en œuvre du passe sanitaire sont déterminantes pour son efficacité », ajoutent-ils. 

... et 4 000 décès évités

Autre impact positif soulevé par les chercheurs ? La diminution du nombre d'admissions à l'hôpital, en soins intensifs notamment. 

Selon l'étude, sans l'instauration du passe vaccinal, « le nombre cumulatif d'admissions en hôpital à la fin de 2021 aurait été environ 31 % plus élevé en France, 5 % en Allemagne et 15,5 % en Italie. »

S'agissant des hospitalisations en soins intensifs, en France, le taux d'hospitalisations fin 2021 aurait été, selon l'étude, « environ 45 % supérieur à ce qui a été observé avec le passe sanitaire ».

« La différence n’est pas anodine : elle aurait entraîné des niveaux de pression hospitalière au-dessus des seuils atteints lors des confinements précédents », soulignent les auteurs.

En Allemagne et en Italie, l'impact du passe sanitaire sur les hospitalisations en soins intensifs « semble avoir été plus faible et moins déterminant », mesurent toutefois les chercheurs, avec des taux qui s'élèvent respectivement à 12 % et 27 %.

Le nombre de décès évités grâce au passe sanitaire s'élève, selon l'étude, à 1 100 pour l'Allemagne et 1 300 pour l'Italie. La France, loin devant, aurait, quant à elle, évité le décès de 4 000 personnes

Un impact également économique

Le Conseil d'analyse économique (CAE) a également évalué l'impact de l'instauration du passe sanitaire sur l'économie. Ainsi, les auteurs ont trouvé « qu'en moyenne augmenter la part des vaccinés dans la population de 1 point de pourcentage permet d’augmenter le PIB hebdomadaire un mois plus tard d’environ 0,052 point de pourcentage. » Fin 2021, sans le passe sanitaire, le PIB aurait ainsi été de 0,6 % plus bas en France. Soit une perte de 6 milliards d'euros pour le second semestre 2021. 


Source : lequotidiendumedecin.fr