Les professionnels de santé sont éligibles à la vaccination depuis janvier. Pourtant, « seul un soignant sur trois est aujourd’hui vacciné, ce n'est pas normal », a asséné le Premier ministre Jean Castex, jeudi 4 mars, lors de la conférence de presse hebdomadaire du gouvernement sur le point sur la situation épidémique.
« Cela compromet notre capacité à lutter effectivement et efficacement contre le virus, alors même que nous connaissons une reprise épidémique inquiétante », a ajouté le locataire de Matignon.
Véran a écrit à tous les soignants
Olivier Véran a également déploré la faible part de professionnels de santé immunisés. Un tiers des soignants vaccinés, « clairement, ça ne suffit pas », a déclaré le ministre de la Santé. Dans le détail : 40 % des personnels des Ehpad et 30 % des soignants « sur l’ensemble du système de santé » ont été vaccinés. « Quand on est soignant, il est de notre responsabilité de se protéger soi-même et d’éviter d’exposer ceux dont on prend soin au risque d’un virus qui peut les percuter durement », a-t-il soutenu devant les journalistes.
Ce vendredi 5 mars, dans une lettre adressée en fin de journée à l’ensemble des soignants, dont Le Généraliste a eu copie, le ministre de la Santé encourage une forte vaccination du corps médical. « Je vous le demande, pour vous-même, votre entourage, les Français. Si vous n’êtes pas encore vaccinés, faites-le rapidement. Il en va de notre sécurité collective, et de la capacité de notre système de santé à tenir, comme il l’a toujours fait, et je ne saurai jamais assez vous en remercier. »
« Le temps de la réticence est derrière nous »
Interrogé sur l’obligation des soignants à se faire vacciner, le ministre de la Santé a montré qu'il n'y était pas favorable et partagé sa « conviction profonde » : « L’adhésion des soignants à la vaccination va augmenter. Je crois que le temps de la réticence est derrière nous. » Pour autant, si les personnels de santé venaient à demeurer réticents au vaccin, Olivier Véran a indiqué qu'il saisirait le Comité consultatif national d'éthique pour déterminer s'il « faut aller au-delà » du volontariat — et rendre le vaccin obligatoire aux soignants, ce qui ne fait pas consensus dans la profession aujourd'hui.
Le Dr Marie-Laure Alby, médecin de famille du XIVe arrondissement de Paris et membre du syndicat MG France, s’est également exprimée à la tribune, livrant un témoignage professionnel de son expérience de médecin en ville. « Choquée » par le faible nombre de confrères vaccinés, la généraliste a terminé son intervention par un appel à la vaccination, « essentielle », selon elle.
Bientôt des vaccinations en pharmacie
Cette vaccination pourra être administrée « à compter de la semaine du 15 mars », sans prescription médicale par les pharmaciens, « directement en officine ». Les ministres ont tous deux répété que le vaccin AstraZeneca est « très efficace », s'appuyant sur l’expérience britannique. Ainsi, mi-avril, si les commandes sont honorées correctement, 10 millions de personnes auront reçu une première injonction, mi-mai 20 millions et enfin d'ici l'été 30 millions de personnes. Un horizon encore lointain pour les soignants, comme pour leurs concitoyens.
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