Le slogan provocateur ne nourrit pas seulement un bruit de fond. Il s’impose comme un refrain repris en boucle par différents émetteurs. L’opinion en est convaincue. On lui ment sur l’innocuité des vaccins. Résultat, un Français sur deux ne sait pas s’il est à jour de ses vaccinations. Aucun secteur de la médecine n’est à l’abri de cette marée montante de la défiance. Même le dépistage n’est plus une vache sacrée. En plein cœur d’un Octobre rose ou plutôt noir, les auteurs d’un rapport commandé par Marisol Touraine sur le dépistage généralisé du cancer du sein ont brisé le consensus apparent. Le bénéfice devrait être mesuré aux dommages collatéraux comme le surdiagnostic. Dans ce discrédit qui frappe les experts, y compris donc les médecins, émerge un nouveau type de héros jamais fatigué, le lanceur d’alerte. Il surfe sur la vague de la popularité. Et gagne en un an 24 points selon les résultats de la sixième édition de l’Observatoire sociétal du médicament réalisée par le Leem. Le cinéma populaire s’empare même de ces destins extraordinaires. Un film consacré au Dr Irène Frachon (cf. photo), à l’origine de l’affaire Mediator®, la fille de Brest, sort sur les écrans le 23 novembre. On attendra encore longtemps pour voir au cinéma une biopic sur Françoise Barré-Sinoussi, à l’origine de la découverte du VIH…
Dénoncer les conflits d'intérêt
Dans le monde de la santé, ces lanceurs d’alerte sont aimantés par le même objectif. Révéler des effets secondaires sur des produits de santé peu ou pas médiatisés. Diffuser des infos confidentielles sur des risques liés à des pratiques médicales. Ou dénoncer des conflits d’intérêts. Autant de données qui tendent vers un même objectif, livrer au public les éléments qui menacent sa sécurité. Le primum non nocere hippocratique est érigé comme règle absolue, l’alpha et l’omega d’une médecine en phase avec les patients. Tout ce qui n’expose pas à un danger est en revanche plébiscité. En témoigne toujours dans l’enquête du Leem l’envolée de l’homéopathie, seule classe thérapeutique à bénéficier d’une hausse de confiance chez les Français. Se dessine en creux le rêve d’une médecine idéale pour bien portants. Pour les malades, ils sont priés d’aller lire ailleurs, dans la vraie vie par exemple. On en vient parfois à penser que trop d’information tue l’information…
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