Mon ressenti à la lecture de votre édito (Injections contradictoires) du 12 février ? De la colère, du dépit, du dégoût. On a fait du Bachelot en pire (échec des vaccinodromes lors de la grippe H1N1 en 2009, ndlr).
En nombre de vaccins, nous sommes derrière l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, sans parler de l’Angleterre qui nous ridiculise avec plus de 20 % de sa population vaccinée. On a fait bosser des libéraux en centre de vaccination en leur imposant des contraintes ridicules pour finalement leur faire annuler les rendez-vous faute de vaccins… Je vous laisse imaginer le dégoût engendré chez les professionnels de santé, médecins et infirmiers qui ont dû faire ce sale boulot !
Je passerai sous silence les histoires de chasse, l’absence de reconnaissance des compétences des libéraux, l’argent jeté par les fenêtres pour des systèmes d’une redoutable efficacité (deux médecins et infirmières sillonnant la Marne pour vacciner les patients à domicile, imaginez la performance…), ou encore tous ces tests réalisés en dépit du bon sens juste parce qu’on a des tests à disposition (cela donne toujours l’impression de faire quelque chose), pour cacher une seule réalité : nous n’avons pas assez de vaccins. Et on nous refile le bébé avec l’eau du bain. Ensuite viendra l’heure de dire que les vaccinations ne vont pas assez vite parce que les libéraux ne font pas leur boulot…
Nous, les libéraux, étions prêts dès le mois de décembre à relever le défi, mais on attend encore. Tous, médecins, pharmaciens, infirmières, sages-femmes, nous aurions pu travailler ensemble, parce que la situation l’exige, pour vacciner facilement nos patients, même avec du Pfizer, car techniquement nous pouvions le faire.
Le gouvernement français, par son manque de confiance, met nos patients en danger. M. Véran a décrété la vaccination des plus fragiles, or nous savons tous que ce n’est pas ce qui est fait actuellement parce que sur le terrain, nous le voyons bien : les plus fragiles, hors Ehpad, sont oubliés. Les plus fragiles, M. Véran, ce sont ceux qui n’ont pas internet, qui ne peuvent pas prendre rendez-vous pour se faire vacciner, qui doivent attendre pour leur rendez-vous de pouvoir joindre un centre de vaccination ouvert 2 jours sur 7 et qui doivent attendre que leurs enfants puissent les y conduire. Votre jacobinisme méprisant est révoltant ! Mais je ne suis qu’un petit médecin de campagne qui ne peut pas comprendre, comme me l’a expliqué mon sous-préfet !
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