La démographie médicale des ophtalmologistes et les délais d’attente s’améliorent, s’est félicité ce vendredi le Syndicat national des ophtalmologistes de France (SNOF).
Selon les chiffres du syndicat, le nombre d’ophtalmos en exercice (5 900) est en augmentation sur les dix dernières années. Le constat s’explique d’abord par l’augmentation de postes ouverts aux ECN qui a bondi « de 50 % en 5 ans », souligne le Dr Thierry Bour, président du SNOF. En 2015, 159 postes ont été ouverts dans cette spécialité. Autre raison : le triplement du nombre d’ophtalmologistes en cumul emploi-retraite après 65 ans et l’implantation de praticiens étrangers au rythme de 30 à 50 par an.
La densité médicale en région s’est également développée. « Sur les 22 régions, 15 ont augmenté leur densité depuis 2004 », salue le Dr Bour, précisant que le Nord-Pas-de-Calais enregistre la plus forte augmentation (25 %). « Le problème de la démographie est moins prégnant », résume-t-il. Pour autant, 8 millions d’actes risquent de ne pas pouvoir être honorés en 2020 sans nouvelles mesures.
Expérimentations réussies
Les délais d’attentes médians s’amenuisent, confirme une étude réalisée par Novartis.
En 2015, il était de 38 jours pour les visites de vérification de la vision de patients inconnus du cabinet contre 45 jours en 2012.
Pour les nouveaux patients présentant une situation d’urgence, ce délai est également en baisse : dix jours d’attente pour un strabisme chez l’enfant (contre 27 en 2013) ; une journée pour une baisse brutale de la vision alors qu’en 2013 le patient était pris en charge en 2,5 jours. « Il y a une progression de la qualité de la prise en charge. Entre 46 et 65 % des patients inconnus du cabinet obtiennent un rendez-vous dès leur premier appel », précise le Dr Jean-Bernard Rottier, vice-président du SNOF.
Afin de gagner en efficience, les ophtalmologistes misent désormais sur la délégation de tâches, à la lumière d’expérimentations réussies. « Près de 50 % des ophtalmologistes de la région Rhône-Alpes travaillent avec un orthoptiste salarié ou libéral dans leur cabinet », explique le Dr Pierre Pégourié exerçant dans la région.
Il ajoute que, dans ce cadre, les orthoptistes réalisent un quart des OCT (tomographie à cohérence optique) et 20 % de l’ensemble des réfractions contre 6 % en 2004. Cette coopération permet au médecin de se concentrer sur le diagnostic et l’activité chirurgicale.
Contrat de coopération
Afin de développer le « travail aidé », l’article 41 du PLFSS 2016 prévoit un contrat de coopération pour les soins visuels entre la profession et la CNAM afin de faciliter l’embauche d’un orthoptiste par les ophtalmologistes de secteur I. Le PLFSS prévoit d’inclure 600 praticiens dans des coopérations d’ici à la fin de l’année 2017, ce qui permettrait d’accroître d’au moins 900 000 le nombre de consultations.
D’autres mesures ont été inscrites dans la loi de santé (dans la foulée du rapport Voynet) : droit limité de prescription par les orthoptistes et, pour les opticiens, adaptation du renouvellement des verres correcteurs et des lentilles de contact selon l’âge.
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