Invité ce vendredi matin au e-Congrès de la médecine générale, Nicolas Revel, alors DG de l'assurance-maladie (mais depuis devenu directeur de cabinet à Matignon), a tiré un bilan très positif de l'usage de la téléconsultation mais n'envisage pas de prolonger les dérogations ayant facilité sa prise en main par les praticiens.
Si la téléconsultation a connu des timides débuts, la crise du Covid-19 a fait exploser la pratique. Un million d'actes ont été facturés par semaine en avril. L'activité décroît depuis quelques semaines – 500 000 actes par semaine à fin juin – mais elle reste bien en dessus du seuil d'avant crise.
Inégalité de traitement
Malgré cela, le patron de la CNAM ne souhaite pas le maintien de toutes les dérogations, notamment de la téléconsultation par téléphone. « C'est compliqué de distinguer la téléconsultation d'un conseil scientifique, justifie-t-il. Il faut penser à la question du payeur et aux limites ». L'obligation d'avoir vu le patient au cours des 12 derniers mois, levée dès le confinement, devrait être restaurée mais après discussions.
« On peut réfléchir dans un cadre conventionnel à autoriser les médecins à téléconsulter des patients qu'ils ont vus il y a plus d'un an ou plusieurs spécialités comme la psychiatrie, la dermatologie ou la consultation pré-anesthésique qui ne nécessitent pas obligatoirement de première consultation physique. »
Enfin, Nicolas Revel a estimé que le prolongement au 31 décembre du remboursement à 100 % de la téléconsultation est une « bonne initiative ». Mais il n'imagine pas sur le long terme le conserver. Son argument : cela pourrait créer une inégalité de traitement avec la consultation physique qui, elle, n'est pas prise en charge à 100 % par l'assurance-maladie.
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