Coup de gueule, avis d’expert, coup de cœur ou témoignage... La rédaction du « Quotidien » distingue chaque semaine un ou plusieurs commentaires, parmi les centaines postés au fil des jours par les lecteurs internautes.
L'exercice libéral ne serait plus attractif, mais anxiogène pour les jeunes médecins. C'est l'avis d'un interne dont la lettre ouverte a suscité cette semaine de nombreuses réactions. Ce lecteur livre sa propre expérience, et un bel hommage à la profession.
Cette lettre est intéressante à plus d'un titre. Ce que j'en retiens, avec le recul de mes 44 ans de pratique médicale, c'est que personne n'a compris aujourd'hui, qu’être médecin, c'est vouloir soigner des malades, par l'écoute, la compassion, voire un peu de "drogues". Mais ce n'est pas vouloir être riche, à moins de pratiquer des "spécialités" plus ou moins marginales comme on vous en propose tous les jours.
Vous voulez gagner beaucoup de fric ? Devenez trader, faites une école de commerce payante (chère), mais ne vous lancez pas dans ce cursus actuel, complètement débile, ou votre connaissance des maths vous assurera le succès de la sélection grotesque, qui laisse sur le carreau des milliers de gens parfaits, équilibrés, raisonnables et raisonnés.
Vous estimez votre rémunération - pardon, vos honoraires - trop bas, mais êtes-vous honorables ? Si oui, qui vous attribue cette grille ? Les systèmes de protection sociale qui gèrent les cotisations des travailleurs et des patrons d' entreprises, et qui est à la tête des organismes de protection sociale ? Les syndicats ! Ces gens décident seuls, ou plutôt font semblant de vous écouter.
Il ne vous reste que deux solutions : soit vous acceptez qu'une bonne consultation, je veux dire par là une consultation de 20 minutes minimum est "honorée" 23 €, soit vous laissez tomber la médecine et vous passez le CAP de coiffeur et vous serez mieux honoré.
Moi je m'en fous, j'ai fait un métier que j'ai aimé par dessus tout, honoré malgré le coût ridicule de mes consultations, je n' ai jamais gagné ce que gagne ma fille après trois ans d'école de commerce, mais je ne suis pas jaloux, j'ai vécu à fond ma vocation.
Posté le 31 mars 2016. Voir tous les commentaires sur le sujet : « « On va tuer l’exercice libéral », la lettre d’un interne prêt à s’expatrier »
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