Michel (62 ans) prendra sa retraite avant sa mère Micheline. « J'entends souvent la blague », s'amuse le Dr Micheline Foucry, médecin de famille de 87 ans, toujours animée par l'amour de son métier et qui continue à exercer à Muron, village charentais de 1 300 habitants.
La généraliste n'a pas l'intention de raccrocher. Elle reçoit chaque jour une dizaine de patients dans le cabinet médical situé dans sa maison de Muron, comme elle l'a révélé à France Bleu La Rochelle qui lui consacre un portrait. « Comme quoi, le travail ne tue pas, enfin, ça dépend de ce qu'on fait », s'amuse-t-elle.
Même si elle a réduit son activité ces dernières années, la généraliste apporte une bouffée d'oxygène au seul confrère en activité dans ce secteur entre Rochefort et Surgères. « J'ai même constaté sur ma feuille d'impôts que j'avais davantage travaillé en 2016 qu'en 2015 », explique la généraliste.
De nombreux habitants préfèrent se rendre chez un médecin de famille moins âgé ; mais le Dr Foucry, installée à Muron depuis 1959 avec son mari, décédé il y a vingt ans, continue de garder une patientèle très fidèle de 200 à 300 personnes qui apprécient le temps qu'elle prend pour les recevoir.
« Je rends encore beaucoup de services »
« J'ai été maire et médecin de la commune et certains patients me disent que je les ai accouchés et que je les ai mariés », confie-t-elle au « Quotidien ».
La généraliste a effectué davantage de consultations qu'à l'accoutumée cet hiver, pendant le pic épidémique de grippe et de gastro-entérite. Alors, peu importe qu'elle ait raté le virage numérique et travaille « à l'ancienne », sans ordinateur et sans faire de télétransmission. Peu importe qu'elle ne sache pas lire une IRM (elle réclame aux radiologues de lui rédiger des comptes rendus). En cas de coup dur, le Dr Foucry est là ! « Sans être prétentieuse, je rends encore beaucoup de services, je fais des sutures et ça évite d'engorger les urgences de Rochefort. Je sais quand il faut envoyer un patient chez un spécialiste ou aux urgences. »
Et quand Micheline Foucry a un doute, elle peut toujours compter sur son fils Michel, lui-même généraliste à moins de dix kilomètres de son cabinet. « Si je n'étais plus capable d'exercer, il me le dirait », explique-t-elle.
La généraliste est toujours passionnée par son métier. Elle continue aussi son activité car elle exerce chez elle. Même si elle se considère en bonne santé, elle projette de freiner son activité. « Quand je suis fatiguée, je ne réponds pas au téléphone et je ne mets pas de répondeur pour être tranquille. »
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