Avenant 9, budget de la Sécu : le SML voit rouge

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Publié le 09/09/2021
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Crédit photo : S Toubon

L'heure de remobilisation des cadres a sonné pour le SML. Pour sa conférence de presse de rentrée, le président du syndicat, le Dr Philippe Vermesch, a tiré à boulets rouges sur la politique gouvernementale au sujet de la médecine libérale. En repoussant au deuxième semestre 2022, l'ouverture de la négociation d'une nouvelle convention médicale, l'État a raté « une occasion » d'impliquer les acteurs dans la réforme du système de santé.

Dans le même temps, au lieu de s'unir pour négocier une nouvelle convention, les trois syndicats (CSMF, MG France et Avenir Spé-Le BLOC) signataires de l'avenant 9, se sont « rendus complices » du « dépeçage des compétences médicales », « d'une politique qui vise davantage à une réorganisation administrative qu'à une médecine à visage humain », « de contraintes supplémentaires pour les médecins participant au service d'accès aux soins ».

« Cet avenant n'est même pas une rustine », a martelé le stomatologue de Saint-Raphaël. Car pour rendre attractive la médecine libérale - l'urgence n° 1 selon le SML -  l'effort financier de l'État devrait avoisiner « 2 milliards d'euros » afin de revaloriser les actes dont la consultation de base, qui reste très en dessous du niveau européen, selon lui.

Au lieu de cela, l'avenant « mégote sur le niveau de la visite » et multiplie des rémunérations forfaitaires. Les forfaits proposés, par exemple, aux médecins participant au service d’accès aux soins (SAS) sont « peu lisibles, difficilement contrôlables et payés l’année suivante ». « Ce n’est pas ainsi qu’on poussera les praticiens à s’investir dans les soins non programmés. Là encore, l’occasion est manquée », a souligné le Dr Vermesch.

Rapprochement avec la FMF

À l'approche de la présentation du budget de la Sécurité sociale pour 2022, le SML dit craindre des (mauvaises) surprises pour la médecine libérale. Pour cette raison, au sein de l'intersyndicale les « Libéraux de santé », il compte bien étudier « article par article » ce texte « dont on sait que, sous couvert de financement, il contiendra des mesures impactant l’organisation de la médecine de ville, son indépendance et sa viabilité », dit-il.

Pour agir dans l'avenir, le SML mise sur un rapprochement avec la FMF et non avec l'UFML-S. Ce dernier avait proposé, en avril, au SML et à la FMF, de se rassembler via une structure commune mais où chaque syndicat garderait son existence propre sur le plan juridique. « Jérôme Marty s'est emballé, a défendu le Dr Vermesch. La FMF est le syndicat avec qui nous sommes le plus proches sur la façon d'analyser et de penser  la médecine de demain. Nous avons commencé à travailler ensemble pour mettre en commun les lignes de conduite que nous défendrons ensemble. Puis, nous verrons s'il est utile de réaliser un rapprochement plus important. »

Car pas question encore de parler de « fusion », avec tel ou tel syndicat, même si le patron du SML reconnaît que l'existence de « 8 syndicats, c'est trop » pour la profession. Cette solution ne serait d'ailleurs pas anodine car elle engendrerait des incidences financières et juridiques « importantes ».

Pour l'heure, le syndicat remonte au front pour défendre les médecins concernés par les demandes d'indus de la part de l'Assurance-maladie dans le cadre du dispositif d'indemnités de perte d'activités (DIPA). « Ce dispositif n'a pas été négocié mais imposé. On voit que toutes les professions se retrouvent avec les indus. La grogne est générale. J'invite les médecins à contester et on les soutiendra », conclut le Dr Vermesch.

 


Source : lequotidiendumedecin.fr