Vaccination, prescription et tests rapides d'orientation diagnostique (TROD) par les pharmaciens, ajustement des traitements des patients en ALD par les infirmières ou encore bientôt prise en charge de traumatologie bénigne par les kinés... Les transferts de compétences médicales encouragées par le gouvernement se multiplient, une tendance qui agace et inquiète les médecins libéraux et notamment ceux du SML.
Tout autant que le fond, c’est aussi la forme qui dérange le syndicat qui donnait une conférence de presse en milieu de semaine. « On nous informe, on nous impose mais on ne nous demande pas notre avis », souligne le président du syndicat, le Dr Philippe Vermesch. Le SML propose donc un moratoire sur les transferts de tâches et compétences médicales et « que les médecins soient associés à chaque décision », avec des protocoles rédigés par l’ensemble des acteurs concernés et le médecin traitant conservé au centre du dispositif. Car pour le SML, avec ces transferts de compétences les pouvoirs publics « organisent la démédicalisation de leur métier ». Un mauvais signal envoyé notamment aux jeunes selon le SML : « ils font vite leur calcul et ils n’ont pas envie de s’installer », affirme le Dr Vermesch.
Revalorisation de l'acte
De manière générale pour redonner confiance en l’avenir aux médecins, le syndicat encourage le gouvernement à investir sur la médecine libérale, « celle qui coûte le moins cher ». Cela passe pour eux par une revalorisation de l’acte, l’extension des horaires de la PDS à partir de 19 heures et le samedi matin, la visite longue à 70 euros pour les patients en ALD de plus de 80 ans ou une majoration de 15 euros par consultation pour la prise en charge des soins non programmés. Le SML demande aussi plus de simplicité et de lisibilité, sur les CPTS par exemple : « le dossier doit pouvoir tenir en 10 pages tout compris, si c’est impossible c’est que le dispositif n’est pas bon. Ce qui se conçoit clairement s’énonce simplement ». Mais aux CPTS, le syndicat préfère de toute façon les coordinations cliniques de proximité. Simplicité aussi pour les assistants médicaux, pour pousser les médecins à franchir le cap de l’embauche, le syndicat demande dans les contrats d’embauche une clause permettant une rupture facilitée du contrat de travail en cas de recul du revenu d’activité du cabinet médical.
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