On en parlait depuis déjà un moment... Cette fois, c'est fait. Réunis en Assemblée générale le week-end dernier, près des trois quarts des adhérents présents de l'UFML ont en effet décidé de transformer la structure en un syndicat. C'est l'aboutissement d'une longue évolution pour ce rassemblement au départ un peu hétéroclite, né en 2012 sous le vocable de "médecins pigeons" à la suite de l'avenant numéro 8 sur les dépassements d'honoraires et qui devait vite se structurer en une Union Française pour une Médecine Libre. Pendant tout le quinquennat, l'UFML s'est voulu le rassemblement de tous les médecins mécontents. Et même au-delà, puisqu'on compte quelques paramédicaux dans ses rangs.
Le futur syndicat (il ne sera porté sur les fonts baptismaux qu'au début 2017)- ambitionne d'ailleurs de rassembler au-delà du corps médical stricto sensu. "Il y aura un chapeau UFML commun, décliné dans chacune des professions de santé", explique Jérôme Marty. Le but poursuivi étant, selon le président de l'UFML, de "permettre à chacun de connaître les problèmes de l'autre et quand une problématique trans-profession apparaît de faire bouger tout le monde."
Le généraliste de Fronton en Haute-Garonne explique la décision prise par un ras-le-bol croissant et généralisé. "C'est la base qui nous avait demandé la transformation en syndicat. Car il y a de plus en plus de déçus parmi les médecins. La situation est dramatique. Or on n’a pas l'impression que les gens d'en face en prennent la mesure." Pour cet ancien militant CSMF, fondateur de l'UFML, il s'agit aussi de donner une autre image du syndicalisme médical, alors qu'à ses yeux, la plupart des organisations existantes ne sont plus en phase avec le terrain. "Le but est de faire redécouvrir le syndicalisme. Car il n'y a que 10% des médecins qui sont syndiqués. Or, vu le contexte, il devrait y en avoir 100% !"
De ce point de vue, les prochaines étapes sont la création effective du nouveau syndicat en janvier prochain. Avec en ligne de mire la constitution de listes dans quatre ans aux prochaines élections aux URPS pour tenter de décrocher le label de la représentativité. Le programme du nouveau syndicat, formalisé dans un "New deal" au printemps dernier se résume en quelques idées-forces : espace de liberté tarifaire, alignement des tarifs des médecins sur la moyenne européenne, refus de la ROSP, du CAS et du tiers payant généralisé, et bien sûr de la convention qui vient d'être signée.
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