Quelqu'un a "mis l'anesthésique dans la poche de paracétamol", mais "ce n'est pas moi". Suspecté de meurtres, l'anesthésiste de Besançon a donné une interview à l'Est Républicain. "N’importe qui avait accès au bloc, n’importe qui a pu le faire", soutient le spécialiste à propos des décès qui lui sont reprochés à la clinique Saint Vincent.
Pour ces incidents survenus en janvier, dans une clinique où l'anesthésiste travaillait jusqu'à sa mise en examen, il admet un "acte de malveillance". Mais, soupçonné d'avoir volontairement empoisonné sept patients, dont deux sont morts, il insiste : "Je n'ai rien fait", "n'importe qui a pu le faire". "On m'accuse de crimes odieux que je n'ai pas commis", se défend le médecin anesthésiste de 45 ans.
"Je suis traité et accusé injustement. Je souhaite qu'on respecte ma présomption d’innocence", clame par ailleurs ce praticien qui est suspecté d'avoir volontairement introduit, à sept reprises, des doses mortelles de potassium et d'anesthésiques en salle d'opération, et plus précisément dans des poches de soluté de réhydratation.
"C'est complètement aberrant"
Il démonte aussi sur le mobile qui est parfois évoqué à son égard : provoquer volontairement des arrêts cardiaques pour pouvoir venir en "sauveur" réanimer les patients. "Sous prétexte de l’adrénaline, comme si on n'en avait pas assez, je m'amuserais à injecter des produits toxiques à des personnes, pour ensuite aller les réanimer ? C'est complètement aberrant", dit-il au journal.
Concernant les faits qui lui sont reprochés à la Polyclinique de Franche-Comté, en 2009, il avance un sérieux alibi : "j’étais absent de l'établissement pour les deux derniers d'entre eux". Selon lui, les conclusions de l'enquête diligentée en 2012 "notent qu'aucun élément ne permet de dire qu'il s'agit d'un acte de malveillance". À l'époque, cette enquête avait effectivement été classée sans suite.
Concernant cette affaire, des enquêteurs analysent actuellement une quarantaine d'autres incidents similaires, dont une vingtaine mortels, pour vérifier s'ils sont d'origine criminelle.
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