Augmentation des signalements de violences à l’hôpital en 2018

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Publié le 23/07/2019
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Crédit photo : GARO/PHANIE

L’Observatoire des violences en milieu de santé (ONVS) a publié ce matin son rapport annuel, à partir des chiffres de 2018. Les auteurs du rapport précisent que les violences rapportées sont non « exhaustives » car recueillies sur la base du volontariat et que les données compilées doivent être analysées avec « circonspection » et « ne reflètent qu’une tendance ».

De fait, seuls 426 établissements, soit 7,35 %, ont déclaré des violences et incivilités l'année dernière, soit un peu moins qu'en 2017 (446), pour un nombre total de signalements plus élevé : 23 360 en 2018, contre 22 048 en 2017.

Psychiatrie et urgences en première ligne

Les services les plus touchés en 2018 restent ceux de psychiatrie, avec 18 % des déclarations, devant les urgences (16 %) et les unités de soins de longue durée et Ehpad, qui en concentrent 11 %.

La très grande majorité des signalements (80 %) concernent des « atteintes aux personnes » (insultes, menaces, violences physiques...), 20% des atteintes « aux biens » (vols, dégradation de matériel...)

Les premières victimes sont les soignants. Sur les 33 431 victimes d'atteinte aux personnes recensées, 82 % font partie du personnel, des infirmiers ou aide-soignants essentiellement. Les patients représentent quant à eux 10 % des victimes, les agents de sécurité 5 %.

Strangulation, crachats, menaces armées...

Dans la moitié des cas, il s’agit de violences physiques (strangulation, bousculades, crachats, coups), menaces avec armes (armes à feu ou blanches mais aussi tout objet qui va être détourné de son usage naturel à des fins de violence) ou agressions sexuelles, suivies par les insultes ou injures (32 %), les menaces d'atteinte à l'intégrité physique (17 %) et les violences avec arme (2 %). Elles viennent la plupart du temps des patients (71 %), quelques fois des accompagnateurs et visiteurs (19 %) et plus rarement des personnels (3 %). Ces violences sont le plus souvent liées à « un reproche relatif à la prise en charge du patient » (59 %), loin devant le temps d'attente (13 %), l'alcoolisation (11 %), les règlements de compte (6 %), les drogues ou les refus de prescriptions (3 % chacun), les diagnostics non acceptés (1,9 %), les suicides et tentatives (1,2 %). Quelques violences sont aussi signalées pour prise de photos ou de films ou atteinte au principe de laïcité.

(avec AFP)

 


Source : lequotidiendumedecin.fr