En 2022, le revenu moyen (bénéfice non commercial BNC) des médecins généralistes libéraux* a baissé de 7 % par rapport à l'année précédente pour s'établir en moyenne à 90 141 €, selon les données fiscales de l'Union nationale des associations de gestion agréées (Unasa) que Le Généraliste a pu consulter.
En 2021, ces mêmes praticiens, affichaient une hausse de 7,7 % de leurs revenus imposables, pour atteindre 96 333 euros de moyenne. Cela représentait une belle reprise après la baisse de 2020, année marquée par la crise Covid.
Hausse des charges et inflation
Mais l'embellie aura été de courte durée. En cause notamment, une augmentation de leurs charges et une inflation galopante qui pèse directement sur leurs charges externes telles que l'énergie ou les fournitures.
Interrogé par nos confrères du Quotidien du Médecin, Béchir Chebbah, président de l'Unasa, explique d'ailleurs que « les impôts et taxes sont passés par exemple de 4,2 % en 2021 à 5 % en 2022 » et que « l'inflation à 5 % a impacté les frais externes du cabinet ». Avec une activité stagnante des généralistes (-0,6 %) en 2022, cette baisse n'a pas pu être compensée. « J'ai l'impression qu'on a atteint une sorte de plafond d'activité. Un médecin qui travaille déjà plus de 12 heures par jour ne peut pas exercer 14 heures », analyse ainsi Béchir Chebbah.
Toutefois, les généralistes ne font pas figure d'exception et certaines spécialités médicales enregistrent une baisse de revenus encore plus conséquente. C'est le cas notamment des rhumatologues (-9,2 %), des stomatologues (-10,6 %) ou encore des allergologues (-9,8 %).
Les ophtalmologues (-4,5 %), dermatologues (-6,5 %), pédiatres (-2,5 %), cardiologues (-5,2 %), psychiatres (- 3,6 %), pneumologues (-5, 5 %), neuropsychiatres (-5,4 %), angiologues (-1,6 %) enregistrent également une baisse de leurs revenus mais toutefois moindre que celle des généralistes. Une baisse qui s'explique, comme pour les omnipraticiens, par la hausse des charges.
Seuls les neurologues (+ 1,6 %), néphrologues (+ 1,4 %), neurochirurgiens (+ 0,8 %) et urologues (+ 5,6 %) affichent un BNC en progression par rapport à 2021.
Les médecins généralistes remplaçants, pas épargnés !
Malgré une activité en hausse (+3,8 % de recettes), les médecins généralistes remplaçants enregistrent, eux aussi, une baisse (-3 %) de leur BNC en raison d'une hausse importante de charges (+10,5 % de charges externes). Le revenu moyen des médecins généralistes remplaçant s'établit en moyenne à 62 774 euros en 2022, contre 66 099 euros en 2021.
*La moyenne est calculée sur un échantillon de 15 299 médecins généralistes libéraux adhérents à l'Unasa.
En direct du CMGF 2025
Un généraliste, c’est quoi ? Au CMGF, le nouveau référentiel métier redéfinit les contours de la profession
« Ce que fait le député Garot, c’est du sabotage ! » : la nouvelle présidente de Médecins pour demain à l’offensive
Jusqu’à quatre fois plus d’antibiotiques prescrits quand le patient est demandeur
Face au casse-tête des déplacements, les médecins franciliens s’adaptent