CONVENTION Cette convention a du bon. Elle m’a au moins décidé à entamer une cessation d’activité progressive : trois jours par semaine d’exercice dès le 1er janvier, puis suppression d’un jour tous les ans jusqu’à l’arrêt total. Cette convention a aussi du mauvais, elle fait passer chacun d’entre nous du statut déjà bien écorné de libres penseurs oeuvrant pour la guérison à celui de tableau Excel, tributaire d’une obligation de moyens administratifs et dégagé de l’obligation morale de résultat effectif (…).
Mais ne nous inquiétons pas outre mesure : l’un de nos syndicats signataires a précisé que sa signature était une « signature de combat » ; le combat de l’intérieur, je pense qu’il y croit, mais je ne crois pas qu’il réussira (…). Imaginons à qui il a affaire : une énorme pyramide. Étudions-la : en haut, il y a le magouilleur en chef, juste en dessous le sous-magouilleur (donnez-leur le nom que vous voulez) et en dessous des milliers d’abrutis qui fonctionnent de la façon suivante. Pariétal et temporal : mode veille ; frontal : mode Excel « lecture seule » ; tout en bas, mais alors franchement tout en bas, il y a vous ! Qui devez rentrer dans les tableaux Excel des abrutis du dessus, lesquels produisent de nouveaux tableaux Excel sur ordre des abrutis de l’étage supérieur ; au bout du compte, bien que médecin, vous soignez au ROSP, au Protocole, etc. En clair, tous ces nouveaux « principes inactifs » et pourtant très allergisants.
Vous avez correctement rempli votre tableau ? Le sous-magouilleur en chef vous en produit un nouveau : dans notre métier, on ne s’ennuie jamais ! Ah, j’oubliais : comment le sous-magouilleur sait-il si un patient est guéri ? Tout simplement parce que les abrutis de l’échelon inférieur font remonter d’échelon en échelon des tableaux Excel bien rempli ! De toute façon, il s’en fout, car votre patient n’est pas statistiquement significatif. Nous avons gagné 2 euros pour nous prostituer à ce point ? Pas cher !
Bon, je ne veux pas vous faire déprimer car la solution je l’ai ! À partir de cette année, je vais faire la médecine qui me plaît et j’ai recommencé tous les actes de petite chirurgie, de cardiologie, de gynécologie. En clair, tout ce qui fait qu’au plus profond de moi je suis médecin ; à partir de cette année, j’exercerai de moins en moins et uniquement pour le plaisir, à partir de cette année je suis devenu un simple d’esprit administratif. Comme je n’y comprends rien, je ne fais plus de formulaires, plus de protocoles, uniquement de la médecine (…).
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