« Mention Bien » pour la troisième année consécutive : 5 365 euros en 2012, 5 774 en 2013, 6 264 en 2014… La Rémunération sur Objectifs de Santé Publique (ROSP) a une nouvelle fois progressé l’an passé chez les généralistes. La Cnamts salue une « évolution positive des indicateurs de santé publique, d'efficience et de modernisation du cabinet ». Et, de fait, le taux général d'atteinte des objectifs s'améliore, de 53 % en 2012 à 65,1 % en 2014. Pour les omnipraticiens, il a progressé de plus de 12 points depuis 2012, selon la Sécu, même si la hausse a été plus marquée en 2013 (+ 8,6 points), qu’en 2014 (+ 3,6). En pratique, la réalité est contrastée et l’atteinte des objectifs disparate sur les 24 indicateurs.
81% : ça gaze sur l’organisation des cabinets
Avec 80,9 % d’atteinte des objectifs fixés, c’est dans cette catégorie que les résultats sont les meilleurs. La progression est de plus de 17 points depuis 2012 et de 4,6 l’an passé. Les trois quarts des omnipraticiens sont désormais équipés d’un logiciel d’aide à la prescription. 73 % renseignent leurs horaires sur ameli.fr et en salle d’attente. L’Assurance Maladie enregistre également des progrès sur l’item « synthèse médicale » du dossier informatisé du patient. Seul un indicateur est en baisse : l’usage des téléservices de la Sécu.
70 % : ça marche sur les prescriptions
Les sept indicateurs de la catégorie sont tous en progression l’an passé, comme d’ailleurs depuis le début. L’item « aspirine à faible dosage » au sein des antiagrégants plaquettaires gagne encore un point en 2014. 1,1 point de plus également pour celui concernant les IEC vs sartans. Enfin, les items génériques sur les antibiotiques, les statines, les antihypertenseurs, les IPP, et les antidépresseurs sont tous en hausse. C’est carton plein sur ce dernier item (+ 7,5 de génériques de 2013 à 2014), boosté par l’inscription du Séroplex® au répertoire et dont les objectifs fixés ont été pulvérisés. Même constat pour les IPP. Et on n’est pas loin du but sur les prescriptions dans le répertoire des statines et des antidépresseurs. La Cnamts a tout lieu d’être satisfaite de ces bons résultats qui visent tous à faire des économies.
59 % : ça passe sur le suivi du diabète
Les neuf critères « ?maladie chronique » concernent tous le diabète, gros défi de santé publique avec trois millions de patients dans le viseur. Ils affichent presque tous une amélioration, mais très variable, selon les items. Les meilleures performances sont enregistrées sur ceux qui concernent le dosage de l’HbA1c. Les cinq déclarés par les médecins eux-mêmes concernant les résultats de dosages d’HbA1c, de LDL-cholestérol ou de pression artérielle des patients continuent de s’améliorer de 1 à 2,5 points de 2013 à 2014. Les indicateurs calculés évoluent, quant à eux, un peu moins vite. L’indicateur mesurant la part de patients ayant 3 ou 4 dosages de l’hémoglobine glyquée a pris 7,5 points depuis le début de la ROSP, mais la progression s’est ralentie l’an dernier (+1,6 point). La Cnamts y voit l’effet de nouvelles préconisations de la HAS (pourtant discrètes) qui sont moins exigeantes sur la fréquence des dosages pour les diabétiques stabilisés. Évolution similaire pour les diabétiques à haut risque CV mis sous statines et aspirine à faible dosage : + 6 points depuis 2012, + 1,5 seulement en 2014.
Sur l’autre indicateur statines, on fait, en revanche, du surplace. Avec +0,1 % l’an passé, la Cnamts regrette que la part des patients à haut risque CV qui en bénéficient « n’évolue que très faiblement en 2014. » L’autre contre-performance concerne l’examen du fond d’œil chez l’ophtalmo qu’en trois ans le paiement à la performance n’est pas parvenu à faire évoluer d’un iota. L’Assurance Maladie reconnaît que la pénurie d’opthtalmos n’y aide pas. En même temps, elle relativise, expliquant que les patients suivis à l’hôpital ne sont pas comptabilisés…
41 % : ça dérape sur la prévention
On est une nouvelle fois loin du compte sur cette catégorie d’objectifs. Sur les huit items, la moitié, qui concernent la iatrogénie médicamenteuse, font néanmoins des scores honorables. En 2014, les praticiens continuent de lever le stylo sur les antibios (-3,7 points) et se rapprochent du but fixé. L’objectif est déjà plus qu’atteint pour les prescriptions de vasodilatateurs qui ne concernent plus que 1,1 % des personnes âgées. C’est plus mitigé pour les benzos à demi-vie longue : certes, on en voit moins sur les ordonnances, mais la part des patients pour lesquels la durée de traitement est supérieure à 12 semaines n’a pas bougé en trois ans.
Mais c’est sur la prévention que l’échec de la ROSP est patent. 2014 enregistre une nouvelle baisse des taux de vaccination anti-grippale sur les publics cibles : respectivement -2,9 points et - 0,7 points sur les plus de 75 ans et les ALD. Le dépistage des cancers régresse aussi. Ça baisse d’un point l’an dernier sur les frottis. Et les résultats ne seront pas bons non plus sur les mammos, même si le résultat officiel n’est pas encore tombé. Un bug malencontreux sur cet indicateur…
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