Le cercle de réflexion Terra Nova propose d'inclure davantage les futurs et jeunes médecins dans les politiques de santé pour mieux répondre aux besoins grandissants de la population dans une note publiée ce lundi.
Le think tank, classé à gauche, suggère de permettre aux organisations de jeunes médecins, d'étudiants ou encore d'internes de participer aux négociations conventionnelles avec l'Assurance maladie, actuellement réservées à leurs aînés via leurs syndicats représentatifs. Les jeunes médecins qui ne sont pas installés ne peuvent pas prendre part aux élections pour choisir leurs représentants aux négociations.
Adoptée en 2016, la dernière convention médicale – qui régit pour cinq ans les relations entre les médecins libéraux et la Sécurité sociale et fixe leurs tarifs – est loin de satisfaire la nouvelle génération à qui elle s'appliquera, rappelle Terra Nova.
Dans un communiqué commun, les syndicats d'étudiants en médecine, d'internes, de médecins remplaçants ou encore de jeunes généralistes avaient à l'époque fustigé « un fossé de plus en plus béant entre des médecins bientôt retraités et une nouvelle génération qui ne se reconnaît plus » dans des modes d'exercice dépassés.
« La place des jeunes et futurs médecins à la table des négociations conventionnelles doit rester une priorité », rappelait encore en juin dernier l'Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG).
Les discussions s'étaient focalisées sur le tarif des consultations, souligne Terra Nova, alors que les jeunes plébiscitent de plus en plus le travail en équipe dans des maisons de santé, l'exercice mixte (salarié et libéral), le partage des tâches, la diversification des rémunérations en plus du simple paiement à l'acte ou encore une vie familiale équilibrée.
Revoir les incitations à l'installation
Pour garantir la représentation des jeunes et mieux répondre à leurs aspirations, Terra Nova suggère d'étendre le « droit de participation aux élections » professionnelles (qui déterminent la représentativité des syndicats conviés aux négociations) aux médecins remplaçants et à tous les praticiens dans leurs dix premières années, y compris ceux qui sont salariés, ou encore de créer « un collège spécifique » aux futurs et jeunes médecins au sein des Unions régionales des professionnels de santé.
Pour favoriser l'installation dans les déserts médicaux, le think tank préconise par ailleurs de revoir le modèle des incitations financières.
Plutôt que de multiplier ces aides, des « cabinets totalement organisés, si possible regroupés » pourraient être mis à disposition des jeunes praticiens, souvent freinés par les lourdeurs administratives. Ce type d'« apports en nature » reposerait sur une « action coordonnée de l'Etat, de l'Assurance maladie, des collectivités territoriales et des mutuelles », les rémunérations restant réservées à l'exercice médical.
Avec AFP
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