Dans l’histoire des relations parfois fructueuses et souvent tumultueuses entre les caisses et vos syndicats, ce mercredi était à marquer d’une pierre blanche. Vos représentants se sont, en effet, tous retrouvés au siège de la Cnamts pour le premier d’une longue série de rendez-vous, qui - si tout va bien - devrait les amener à conclure avant le 26 août une nouvelle convention. On frémit devant l’importance des enjeux. Nouvelle négo veut toujours dire longues palabres, mais aussi espoir d’un avenir meilleur pour les médecins libéraux. Or, dans le climat tendu actuel, on peut se demander si l’alchimie entre financeurs et prestataires opérera…
À bien y regarder, il y a quand même quelques raisons d’espérer. Et d’abord en tirant les enseignements du passé. La France entre, en effet, dans une année pré-électorale. Moment généralement propice à grappiller quelques libéralités. Les gouvernants se souciant subitement de se concilier les bonnes grâces des toubibs. Et tant pis si ça doit charger la barque de leurs successeurs… Dans ce contexte, ministre et patron de la Cnamts ont d’ailleurs déjà annoncé qu’il y aurait des revalorisations. Pour Nicolas Revel, cette négociation sera de surcroît son baptême du feu : raison de plus pour ne pas aller à l’échec. Décideurs motivés donc… et médecins déterminés aussi ! Ces derniers arrivent avec une plateforme commune de propositions. Du jamais vu jusqu’alors !
À l’aube de ce nouveau round conventionnel, gardons-nous pour autant de verser dans l’excès d’optimisme. Bruxelles veille sur le « pacte de responsabilité » comme le lait sur le feu. Et les médecins doivent avoir en tête qu’avec un Ondam à +1,75 %, le PLFSS 2016 suppose un effort inédit de 3,4 Mds d’€ d’économies ! Contexte archicontraint, qui peut vite s’avérer conflictuel. D’autant qu’entre la Sécu et les médecins, les motifs de divergences ne manquent déjà pas, ne serait-ce que sur la déclinaison du TPG… Au-delà, il y a aussi le risque que le front syndical ne se fissure. Car les « Assises de la médecine libérale » ont fonctionné comme une auberge espagnole, chaque syndicat amenant son boire et son manger. Quitte à s’accorder sur des revendications qui ne passeront pas, comme l’accès au secteur 2 pour tous… L’affaire se complique encore par la prise en compte obligée des résultats électoraux, aucun interlocuteur ne s’imposant cette fois comme incontournable dans la négociation. Dans ce contexte, on retient son souffle : signaux rouges et clignotants verts déboucheront-ils sur une fumée blanche ?
Quatre généralistes font vivre à tour de rôle un cabinet éphémère d’un village du Jura dépourvu de médecin
En direct du CMGF 2025
Un généraliste, c’est quoi ? Au CMGF, le nouveau référentiel métier redéfinit les contours de la profession
« Ce que fait le député Garot, c’est du sabotage ! » : la nouvelle présidente de Médecins pour demain à l’offensive
Jusqu’à quatre fois plus d’antibiotiques prescrits quand le patient est demandeur