Entamées le 16 mars dernier, les discussions autour de la prochaine convention entrent dans le vif du sujet. Après les questions liées à la démographie médicale et à la protection sociale des praticiens, les négociateurs – syndicats et Assurance maladie — ont abordé, mercredi 23 mars, l’incontournable sujet des « conditions d’exercice et valorisation de la pratique du médecin traitant ». Quatre heures dédiées notamment aux « perspectives d’évolution des rémunérations forfaitaires » et sur lesquelles Nicolas Revel est revenu, vendredi 25, devant les journalistes de l’AJIS.
Si le directeur général de l’Assurance maladie souhaite que cette première phase de négociations permette de « mettre toutes les options sur la table », il a toutefois rappelé le pas qu’il ne franchira pas : celui de la création d’un espace de liberté tarifaire pourtant réclamé peu ou prou par tous les syndicats. Une limite qui n’empêche pas, à ses yeux, d'« ouvrir le champ des possibles » en matière de rémunération. Avant de « rentrer dans le cœur de la construction d’un accord possible », une période qui devrait s’ouvrir, selon son calendrier, à compter du mois de mai.
Loin d’évoquer une quelconque ardoise financière, Nicolas Revel a toutefois abordé les demandes de revalorisation telles que formulées par les syndicats. Deux options apparaissent possibles à cet égard : soit appliquer la « MCP » aux généralistes, soit porter le tarif du C et du Cs à 25 euros. Autre piste de revalo réclamée par les médecins : la mise en place d’une tarification propre aux « consultations longues et complexes », majorée par rapport à celle des consultations de base. Explorant cette hypothèse, la CNAM souligne qu’elle nécessiterait non seulement de définir un contenu médical précis, mais également de mettre en place un système de contingentement du nombre de ce type de consultation, « a priori 10 à 15 % des consultations ». Un peu comme cela c'est fait par le passé avec la CSC des cardiologues.
« On ne pourra pas augmenter la valeur du C et majorer la valeur du tarif de la consultation complexe », prévient d’ores et déjà Nicolas Revel. Par ailleurs, le directeur de l’Assurance maladie a redit la nécessité « de clarifier, de simplifier le paysage de la valeur des actes, devenu un peu confus », entre rémunération à l’acte et forfaits. Autant de sujets qui ne devront pas éclipser celui lié à la revalorisation du médecin traitant : « il y a des éléments pour amorcer le débat », a assuré Nicolas Revel.
L'Assurance maladie souhaite enfin "réorienter l'option démographique", a indiqué Nicolas Revel. L'enveloppe de près de 30 millions d'euros, qui bénéficie depuis 2011 aux médecins exerçant en groupe ou dans le cadre d'un pôle de santé dans des zones sous-dotées, est "déséquilibrée" car elle va "insuffisamment vers les jeunes qui s'installent", regrette Nicolas Revel, selon lequel les nouvelles installations ne concernent que 10% des 2.000 médecins qui ont adhéré à "l'option démographique".
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