Même en temps de crise, où l’action sanitaire est concentrée sur l’urgence, il ne faut pas oublier la prévention. Tel est le message que veut faire passer le syndicat ReAGJIR. Les remplaçants et jeunes généralistes constatent que l’alimentation et l’activité physique sont par exemple des enjeux essentiels dans le contexte actuel. Dans l’étude CoviPrev1 de Santé Publique France, 36 % des adultes déclarent avoir pris du poids pendant le premier confinement, une situation qui a perduré pour 30 % d’entre eux.
Las de constater que malgré les affichages politiques, le sujet de la prévention bouge peu et que « les généralistes y sont peu formés », ReAGJIR livre un document de propositions pour améliorer les choses.
Alimentation et santé au travail
« La santé d’une population dépasse le seul domaine médical : elle concerne l’agroalimentaire, les transports, l’industrie, l’éducation… », écrit le syndicat dans un communiqué. Pour cette raison, ReAGJIR propose donc notamment des actions de prévention qui s’intègrent à tous les domaines de la vie. Sur l’alimentation par exemple, le syndicat suggère par exemple de « travailler sur l’accès à une alimentation saine à prix abordables au moyen de programmes de promotion, de partenariats avec des écoles etc », de sensibiliser davantage sur l’alimentation saine aux moyens notamment de l’étiquetage et d’une obligation de transparence sur les produits et de la limitation de la publicité pour certains. Il propose également de mettre en place des cours de cuisine aux enfants et adultes sous forme d’ateliers.
Pour la prévention en entreprise, le renforcement des démarches ergonomiques, la mise en place d’actions de sensibilisation sur les risques, d’une prévention plus participative qui implique les salariés dans l’amélioration de leurs conditions de travail font partie des pistes avancées par les jeunes généralistes. Tout comme la promotion d’une communication non violente et d’un management positif au travail.
Former et financer
Les enjeux de prévention étant pluridisciplinaires, le syndicat estime qu’ils dépendent aussi d’une « bonne utilisation du système de soins ». Il demande ainsi des moyens financiers et humains pour la santé au travail et la santé scolaire et une meilleure coordination avec les autres professionnels de santé. Pour mieux former les étudiants en médecine à ces questions, il recommande de mettre en place un service sanitaire pluriprofessionnel, « qui permettrait aux étudiants en santé de découvrir ce qu’est la prévention sur un territoire, aux professionnels de santé d’échanger et promouvoir des actions auprès de leurs patients, et d’inscrire ces actions de manière intergénérationnelle et dans la durée », explique Clément Menigoz, Secrétaire Général de ReAGJIR.
Une nouvelle nomenclature prévention
Au-delà des mesures à mettre en place plus globalement, les jeunes généralistes se sont penchés également sur les actions concrètes directement au cabinet de médecine générale. Ils évoquent la création d’une nomenclature spécifique pour les consultations dédiées à la prévention et la mise à jour des informations sur l’environnement médico-psycho-social du patient. « Parmi les thèmes que nous pourrions aborder lors de ces pratiques cliniques préventives, il y a l’activité physique, les addictions, la sexualité (contraception, IST), le bien-être au travail, les violences, la
communication, l’alimentation, la vaccination, la sensibilisation au bon usage des antibiotiques, le temps d’écran, le temps d’écoute (écouteurs et protection auditive), les perturbateurs endocriniens (aliments, cosmétiques), la pollution de l’air, et le développement d’un esprit critique (internet, études, média, lobbies pharmaceutiques, etc.) », détaille Clément Menigoz.
Mais ces « nouvelles consultations » ne s’arrêtent pas à la porte du cabinet du médecin de famille. ReAGJIR avance la piste par exemple de consultations diététiques, de séances éducatives autour de la sexualité animées par des professionnels de l’éducation ou des médecins et infirmiers scolaires, de conseils et activités physiques adaptées avec des cinés ou des animateurs sportifs etc.
Pour le syndicat des remplaçants et jeunes généralistes, ces mesures en faveur de la prévention appellent à un financement pérenne de la part de l’Assurance maladie notamment. Ils évoquent notamment la prise en charge des consultations chez le diététicien ou chez le psychologue, dont le coût représente encore aujourd’hui un frein pour certains patients. « La prévention permettrait d’éviter l’entrée dans la pathologie et sa prise en charge lourde et coûteuse », explique Clément Menigoz.
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