Les ministres passent, mais l'extrême parcimonie sur les nominations de généralistes enseignants perdure. Le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) vient de publier un arrêté n’autorisant la nomination que de 20 enseignants associés de médecine générale. Un train de nomination plutôt chiche alors que le Conseil national des universités (CNU) avait pourtant reconnu 25 enseignants aptes à la fonction. Mécontent, le Syndicat des enseignants généralistes (SNEMG) y voit "une provocation inutile et gratuite à l’encontre de la communauté universitaire de médecine générale".
Le SNEMG estime cette demi-mesure préjudiciable au développement de la flière universitaire en médecine générale: " En ne nommant que 20 enseignants associés et en tenant compte des 9 départs à la retraite ou non renouvellements de poste, cela ne donne qu’une augmentation de 11 enseignants sur l’ensemble du territoire français," souligne le syndicat que préside le Dr Anas Taha. Pour lui, tout cela est très insuffisant "pour rattraper le retard d’encadrement dont souffrent les internes de médecine générale" : un enseignant équivalent temps plein pour 82 internes contre 1/10 en moyenne pour les autres disciplines...
Au-delà, on pointe aussi un mauvais signal pour l'attractivité de la discipline: "alors que les médecins généralistes nouvellement diplômés se détournent de l’exercice ambulatoire au sein des territoires faute d’un encadrement quantitativement suffisant, alors que le nombre des futurs internes de médecine générale baisse, cette mesure maintient des conditions de formation nettement moins favorables pour les futurs médecins généralistes que pour les autres disciplines," objecte-t-on au SNEMG où l'on comprend d'autant moins l'attitude du ministère que "ces nominations coûtent pourtant nettement moins cher que celles d’enseignants hospitalo-universitaires..."
Le SNEMG est d'autant plus remonté que la montée en puissance du contingent des enseignants associés de médecine générale était un des engagements de la "grande conférence de santé" de février 2016. Une promesse du précédent gouvernement...
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