Froid : des mesures renforcées pour répondre aux difficultés de la rue

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Publié le 28/02/2018
sdf froid

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Crédit photo : AFP

Une personne âgée a été retrouvée inanimée devant sa maison de retraite hier. Il s'agit du quatrième décès lié au froid depuis vendredi dernier. En Europe, c'est plus d'une vingtaine de personnes qui ont succombé à ces températures polaires. Dans ce contexte, le ministère de la Cohésion des territoires appelle tous les citoyens à être vigilants et à faire connaître au SAMU social, via le 115, toute situation de personne en difficulté.

Plus de 5 000 places supplémentaires mobilisées

Afin de protéger les personnes vulnérables et les sans-abri, le plan Grand froid s'étend désormais à 72 départements, a annoncé le ministère de la Cohésion des territoires. Concrètement, les associations et collectivités effectuent davantage de maraudes, les équipes du SAMU social sont renforcées afin de répondre aux appels vers le 115 et les accueils de jour et de nuit allongent leurs horaires. Par ailleurs, 5 647 places supplémentaires ont été mobilisées depuis hier, sur toute la France. À Calais, le dispositif de « mise à l'abri » permet d'accueillir les migrants la nuit dans des hangars.

Des besoins importants en Île-de-France

En région parisienne, les besoins sont particulièrement élevés. Alors que Julien Denormandie, secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires avait créé la polémique fin janvier en évoquant qu'une cinquantaine d'hommes isolés dormaient dehors en Île-de-France, la nuit de la Solidarité à Paris a permis de dénombrer près de 3 000 sans-abri dans la capitale. Depuis jeudi 22 février, 956 nouvelles places ont été mobilisées en Île-de-France, dont 673 à Paris.

« La rue est délétère pour tout corps humain »

Le rôle du SAMU social est essentiel en ces périodes de froid intense. Il coordonne notamment l'ensemble des maraudes en lien avec les associations. « Le froid est notre ennemi et entraîne une fragilité globale de l'organisme. Notre rôle est de mettre autant que possible les personnes à l'abri, car la rue est délétère pour tout corps humain », indique le Dr Abdon Goudjo, responsable de la Direction médicale et soins du SAMU social de Paris. « Nous faisons jour et nuit le tour des points sensibles de Paris et nous prenons en charge les populations migrantes également, qui découvrent pour la première fois le grand froid. »
Le SAMU social de Paris dispose d'une permanence médicale, assurée de jour comme de nuit, par des médecins qui se relaient : « C'est une chance qui permet de répondre aux difficultés de la rue en période de grand froid : engelures éventuelles, hypothermie… ».

Le Dr Abdon Goudjo regrette toutefois le manque d'anticipation. « Nous savons qu'il fait froid en hiver, les dispositifs d'accueil et de prise en charge pourraient être davantage anticipés et ainsi éviter des situations tendues. »

Les médecins généralistes : un rôle d'alerte

Les médecins généralistes ont eux aussi un rôle d'alerte à jouer : « Les médecins de proximité doivent s'assurer que tous leurs patients ont gîte et couvert et alerter les services sociaux si ce n'est pas le cas, mais la plupart sont bien conscients de ce rôle », estime le Dr Abdon Goudjo.

Ce mercredi 28 février, une cinquantaine d'élus d'Île-de-France se sont donné rendez-vous gare d'Austerlitz pour passer la nuit dehors afin d'appeler à la mise en place de solutions pérennes. Cette opération « Plus personne dehors » a été lancée par Mama Sy, maire adjointe en charge de la jeunesse d'Étampes. 


Source : lequotidiendumedecin.fr