C’est finalement une hausse globale des tarifs pour les établissements de santé de 0,5 % qui a été annoncée lundi 24 mars par les deux ministres en charge du dossier, Catherine Vautrin et Yannick Neuder, respectivement ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles et ministre de la Santé et de l'Accès aux soins. Les tarifs devraient être publiés au Journal officiel autour du 5 avril et la première circulaire de la campagne tarifaire autour de mi-mai, confie le ministère au Quotidien.
« Cette hausse s’applique aux soins de médecine, chirurgie, obstétrique (MCO), comme aux soins médicaux de réadaptation (SMR) et contribue au financement de la hausse des charges et le soutien à la reprise des activités », avancent les ministres. Un soutien particulier est « ciblé sur certaines activités comme la pédiatrie, la greffe, les soins palliatifs et certaines prises en charge de chirurgie lourde et de médecine », revendique encore Ségur, expliquant que ces activités n’ont pas retrouvé leur tendance pré-crise sanitaire.
En lien avec la grande cause nationale pour 2025, la campagne tarifaire affiche un soutien au secteur de la santé mentale avec 400 millions d’euros de plus alloués à la psychiatrie, « dont plus de 100 millions ciblés sur des actions à destination des enfants et des jeunes », souligne l’exécutif.
En parallèle, un effort valorise les soins critiques, notamment ceux réalisés en service de réanimation, avec une revalorisation de 2,5 % des suppléments tarifaires applicables, ainsi qu’en faveur de l’hospitalisation à domicile (HAD) avec une revalorisation de 1,5 %.
Si le système privé n'existait pas, le public n'aurait pas non plus la capacité à l'absorber, arrêtons d'opposer les acteurs
Yannick Neuder, ministre de la Santé
Cet arbitrage pour 2025 tranche avec la précédente campagne tarifaire, où l’exécutif avait fait le choix d’une augmentation des tarifs de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de 4,3 % pour les hôpitaux publics quand le privé, qui n’avait pas tardé à exprimer sa colère, avait vu les siens limités à +0,3 %.
Pour éviter le clash de l’année dernière, Catherine Vautrin a voulu préserver « une nécessité d’accès aux soins sur les deux jambes, le public et le privé, dans un contexte de situation financière très dégradée des établissements de santé » alors que l’activité « a bien repris à l’hôpital et est maîtrisée dans le privé ». « C'est un changement majeur par rapport à l'année dernière », a insisté la Rémoise, en harmonie avec Yannick Neuder. « Si le système privé n'existait pas, le public n'aurait pas non plus la capacité à l'absorber, arrêtons d'opposer les acteurs », a insisté le cardiologue.
Mesures compensatoires pour les établissements en difficulté
Mais les tarifs ne sont pas la seule source de revalorisation pour les établissements publics et privés, indique en substance le ministère de la Santé. Pour les cliniques, le gouvernement a prévu d’accorder une enveloppe de 80 millions d’euros pour financer les hausses salariales prévues par l’avenant 33, qui régit la convention collective des cliniques. Ce qui devrait doucher les espoirs de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), qui attendait un geste à hauteur de 140 millions d’euros pour faire face à cette augmentation de charges.
Le secteur privé bénéficie également d’un autre coup de pouce de Ségur avec la suppression du coefficient de minoration des tarifs lié au crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Cette compensation représente 220 millions d’euros sur le reste de l’année 2025 (soit 260 millions d’euros en année pleine).
À l’hôpital, la hausse des cotisations retraite des fonctionnaires hospitaliers – plus d'un milliard d'euros, selon l'estimation des hôpitaux publics – va être intégralement prise en charge par un nouveau financement (hoes tarifs).
Le soutien aux missions d’enseignement, de recherche et d’innovation (MERRI) est lui aussi affiché, avec plus de 80 millions d’euros supplémentaires leur étant consacrés.
Enfin, le gouvernement a également prévu une enveloppe de soutien aux établissements en grande difficulté financière de 240 millions d’euros : 200 millions d’euros reviendront au public et 40 millions d’euros au privé.
[Article mis à jour mardi 25 mars, 12h]
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