En annonçant lundi une revalorisation globale de 0,5 % des tarifs hospitaliers en 2025 (qui s’applique aux activités MCO comme aux soins médicaux et de réadaptation – SMR), de manière identique pour les établissements du public comme du privé, le ministère de la Santé a voulu communiquer sur « l’équité » de traitement entre hôpitaux et cliniques. Mais si la tutelle espérait une équité dans les réactions des fédérations hospitalières, c’est raté.
La Fédération hospitalière de France (FHF) a salué « un soutien clair aux priorités de santé publique et aux établissements publics, malgré un contexte budgétaire difficile ». Même si l’arbitrage de Ségur à +0,5 % « reste bien en deçà de la hausse tendancielle des dépenses », l’organisation présidée par Arnaud Robinet se dit « satisfaite de voir le soutien des pouvoirs publics se prolonger à l’issue de la campagne tarifaire, conformément à ses demandes ».
La recherche publique « renforcée »
Cinq ans après la crise sanitaire, la FHF apprécie en particulier le « soutien franc » de l’exécutif pour accompagner le début de reprise d’activité en médecine complexe (cardiologie, digestif, neurologie et rhumatologie, certaines chirurgies lourdes), dans les spécialités souffrant d’un sous-financement structurel (pédiatrie, soins palliatifs, transplantations, greffes) ainsi qu’en réanimation adulte, pédiatrique et en néonatalogie. Les hôpitaux publics sont également heureux de la revalorisation des tarifs en psychiatrie, qui va se traduire par un déblocage de 450 millions d’euros, analyse-t-elle.
Outre les revalorisations tarifaires, la recherche sort « renforcée » de cette campagne avec 85 millions d’euros supplémentaires sur les Merri (crédits ad hoc sanctuarisés). Enfin, le secteur « accueille avec soulagement » l’engagement pris par le gouvernement de compenser « à l’euro près » la hausse des cotisations à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) pour les établissements publics, ainsi que l’apport d’une enveloppe de 240 millions d’euros fléchée en direction des hôpitaux et cliniques en difficulté.
Une équité très politique pour la FHP
Le secteur privé lucratif, en revanche, ne l’entend pas de la même oreille. Face à une « équité tarifaire affichée politiquement », « déception et incompréhension » dominent dans les rangs de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP). « Avec une inflation estimée à 1,5 % dans l’Ondam [dépenses annuelles de santé, NDLR], cette hausse de 0,5 % – amputée du coefficient prudentiel de 0,7 point pour sécuriser le respect des dépenses de santé, – ne couvre pas l’évolution des coûts, laissant aux établissements de tous statuts un déficit d’a minima un point », se désole la fédération.
Deuxième grief : l’aide de l’État accordée aux cliniques pour compenser la hausse des salaires actée dans l’avenant conventionnel numéro 33 de février 2023 n’est pas à la hauteur des espérances de la FHP. Les cliniques, fortement endettées, réclamaient 140 millions d’euros ; elles n’obtiennent que 80 millions, loin des besoins financiers du secteur. « Comment, dans ce contexte, assurer une politique salariale digne de ce nom et préserver l’attractivité des métiers de la santé ? », s’indigne la fédération présidée par Lamine Gharbi.
Dernier « engagement non tenu », grince la FHP : la suppression du coefficient de reprise des avantages fiscaux liés au CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) ne sera appliquée qu’à partir de mars alors que les cliniques espéraient un effet rétroactif au début d’année. Là encore, les comptes ne sont pas bons aux yeux des cliniques.
Accès aux soins psy : l’alerte de la FHF
Directeur d’hôpital, un « métier exigeant et d’engagement » dont il faut « prendre soin », plaide l’ADH
Padhue : Yannick Neuder promet de transformer les EVC en deux temps
À Niort, l’hôpital soigne aussi les maux de la planète