AFFICHANT son ambition d’atteindre 30 % de prise en charge en chirurgie ambulatoire, tous gestes confondus d’ici fin 2011, Mireille Faugère, directrice générale de l’AP-HP, affirme que « cette nouvelle conception de l’organisation hospitalière plus développée chez nos voisins européens est une voie de progrès pour l’hôpital public en France ». En s’appuyant sur l’expertise du Pr Corinne Vons, chef de service de chirurgie générale et digestive à l’hôpital Jean Verdier, Mireille Faugère entend « booster » cette pratique qui a déjà progressé à l’AP-HP de près de 6 % cette année. Corinne Vons souhaite même que les 13 unités de chirurgie ambulatoire l’AP-HP deviennent un laboratoire en France. D’autant que ce mode de prise en charge sans hébergement remporte un franc succès auprès des patients. « C’est une course à l’excellence qui nous impose d’améliorer la qualité chirurgicale, l’anesthésie et notre organisation », explique Corinne Vons.
Les médecins pilotes de sites experts expliquent les avantages et les contraintes de la chirurgie ambulatoire. Le Pr Marc Beaussier et le Dr Nicolas Dufeu, du service d’anesthésie-réanimation de l’hôpital Saint-Antoine, insistent sur l’indispensable réorganisation pour programmer les activités ambulatoires. « Gestion des flux, des espaces et du temps, tout entre en ligne de compte pour réussir dans cette démarche. On limite l’attente et on vérifie à chaque étape que tout est réalisé pour anticiper et limiter les conséquences postopératoires », explique Nicolas Dufeu. Une coordination digne d’un métronome qui, à l’hôpital Saint-Antoine, passe par le positionnement d’un bracelet électronique aux patients « pour savoir où ils se trouvent ». Le Pr Christophe Barrat, chef de service de chirurgie générale et digestive à l’hôpital Jean Verdier, connaît cette gestion du temps au cordeau. La pose d’un anneau gastrique en 60 à 90 minutes est réalisée en ambulatoire avec du personnel formé et pointu. Le Pr François-Xavier Roux évoque les interventions possibles sur l’hypophyse dans les mêmes conditions. À un détail près : en hospitalisation complète le patient reste à l’hôpital 3 à 7 nuits et l’intervention revient en moyenne à 5 777 euros. En ambulatoire, ce même acte ne dépasse pas 1 661 euros.
L’occasion pour Mireille Faugère de souligner l’intérêt de ce modèle économique pour l’hôpital. Un modèle qui a fait ses preuves. « Plus de 50 actes conventionnels sont désormais réalisables en ambulatoire dans la simple chirurgie ORL, y compris l’extraction d’une thyroïde », précise le Pr Romain Kania (Lariboisière). Des performances qui imposent une réduction des annulations de dernière heure des interventions programmées. Seuls 4 à 8 % des patients refusent l’intervention ambulatoire au dernier moment. Ces déprogrammations posent de sérieuses difficultés. C’est pourquoi l’AP-HP s’apprête à lancer une étude auprès de 2000 patients pour en comprendre les raisons.
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