C'est oui. Selon nos informations, 73 % des adhérents de l'association UFML (Union française pour une médecine libre) ont voté en faveur du nouveau statut de syndicat, ce samedi 17 septembre, lors de leur assemblée générale à Paris (247 personnes se sont exprimées).
Dans l'amphithéâtre Guignard de la faculté de pharmacie de Paris, une centaine d'adhérents encore présents ont salué cette décision de transformer l'UFML (créée en 2012 sous l'impulsion des médecins pigeons) en nouvelle organisation syndicale.
Pourtant, rien n'était gagné d'avance. Une heure avant le résultat, l'ambiance était électrique dans la salle de l'assemblée générale. Si les « pro-syndicat » font valoir que ce changement sera une aubaine pour peser davantage sur le plan politique, à quelques mois de l'élection présidentielle, les partisans du maintien de l'association soulignent que le chemin pour se faire une place dans le monde déjà très morcelé du syndicalisme médical sera semé d'embûches.
« Les syndicats sont déjà trop nombreux, quelle sera notre place ? », s'interroge un médecin dubitatif. Pour d'autres, l'idée du syndicalisme ne séduit plus vraiment. « J'ai adhéré à l'UFML justement car je ne me retrouvais pas dans le syndicalisme. Il ne correspond plus aux jeunes », clame une adhérente.
Toutefois, la majorité a donc préféré changer de braquet et de statut, au risque de banaliser un discours franc tireur. « Nous resterons un lanceur d'alerte », assure le Dr Jérôme Marty, président de l'UFML. « On se bat pour la médecine. On travaillera toujours dans ce sens. On a la prétention d'écrire la médecine de demain avec les paramédicaux et les patients », a-t-il lancé après l'annonce des résultats.
Construire un projet pour 2020
Une procédure administrative va désormais s'enclencher pour officialiser la transformation en syndicat. Il faudra en particulier définir les nouveaux tarifs des cotisations des adhérents, mais surtout rassembler le plus possible de professionnels de santé. « Nous avons quatre ans devant nous pour construire un projet commun. Nous devons tous être actifs », a souligné le Dr Marty. L'objectif affiché est d'obtenir la représentativité officielle aux prochaines élections professionnelles (URPS) en 2020, une prouesse qu'avait réussie Le BLOC en quelques mois.
Sur son site, l'UFML affiche en tout cas une feuille de route ambitieuse : annuler l'avenant 8, interdire le tiers payant généralisé qui « revient à tuer la médecine libérale », bloquer les réseaux de soins, révéler les conflits d’intérêts sous-jacents, faire publier sans délai les comptes des mutuelles, garantir la liberté d'installation, calquer le tarif de l’acte médical et chirurgical sur la moyenne européenne, supprimer la rémunération sur objectif de santé publique (ROSP) ou encore garantir la présence d'au moins 50 % de médecins dans les instances décisionnaires du monde de la santé. Des objectifs que le futur syndicat entend bien poursuivre...
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